top of page

Bouquiner /// Tout Mulhouse (au) lit avec Lucie Lux

L’auteur mulhousienne Lucie Lux dévoile aujourd’hui son livre documentaire sur le moteur du rock : le sexe. « Rock’n’sex » est un ouvrage qui s’immisce avec volupté dans le festival littéraire qui a pour thème cette année la musique.

« Au début du XX e siècle, ‘’rock and roll’’ est une expression régulièrement utilisée par les esclaves noirs pour évoquer l’acte charnel dans une Amérique très puritaine. En associant to rock (secouer) à to roll (balancer), ce qui est retenu, c’est l’idée de mouvement, le côté animal du sexe, pour parler de la chose sans en avoir l’air. » C’est ainsi que débute le très didactique Rock’n’sex, le dernier livre de la sulfureuse Lucie Lux, qui réunit les deux passions de la jeune femme : le rock et le sexe.

Philippe Manœuvre a inauguré la série d’ouvrages éditée chez Tana avec Être rock, en 2007. Rock’n’sex en est le quatrième opus. Et si la maison d’édition a pensé à Lucie Lux pour cet objet textuellement transmissible, c’est que la Mulhousienne n’en est pas à ses premiers faits d’arme.

Son pseudonyme naît dans les pages du magazine Polystyrène en 2004, à la rubrique Dico lubrique. La même année, elle fait ses premiers pas radiophoniques sur RBS, une radio strasbourgeoise libre, avant d’être « chronixeuse » sur la radio mulhousienne MNE en 2009, avec son émission Gorges profondes.

Mais ce sont ses récits dans les ouvrages Pulsions de femme, Sex is Rock’n’roll, et le très explicite Je ne m’ennuie jamais toute seule (chez Blanche et J’ai lu) qui ont décidé Tana Éditions à choisir Lucie Lux pour élaborer ce rockumentaire. Lucie invite alors son amie MissCandy Dion, illustratrice immergée dans l’univers rock, à la rejoindre dans l’aventure. « L’instant est jouissif », mais la retenue est de rigueur, car les filles n’ont que 70 jours pour livrer leur bébé…

Let’s rock !

Lucie Lux s’exprime sans tabou ni fausse pudeur dans Rock’n’sex. Même entre les lignes, on appelle ici un chat un chat. C’est pourquoi nous n’effleurerons que quelques passages et nous nous contenterons des préliminaires pour cet exercice.

L’écriture est incisive, mais les références sont nombreuses. Histoires, anecdotes, potins, extraits et commentaires se lovent les uns aux autres.

Lucie Lux nous rappelle — par exemple —, qu’il y avait deux catégories dans le classement des meilleures ventes de disque en 1940 : une pour les blancs, l’autre pour les noirs. Pour Wynnie Harris « l’un des premiers à faire corps avec ses chansons », ce qui anime ses prestations, c’est le sexe. Il ouvre la voie de l’expression impudique sur scène et The King s’y engouffre. On apprend plus loin que ce n’est pas la prestation de l’Afro-Américain mais une femme qui a inspiré le déhanché d’« Elvis the pelvis ». C’est Tura Satana, héroïne de l’incontournable Faster pussycat de Russ Meyer, qui en est la cause. Métisse japono-cheyenne, sa maîtrise du hula-hoop et son sens du spectacle érotique auraient dévergondé le jeune Elvis Presley.

Lucie Lux multiplie les confidences intimes où Jerry Lee Lewis se dit prédicateur du sexe ; elle explique que le blouson de cuir du « rockeur invétéré » est issu des dérives sadomasochistes des Cramps. Que le grand Iggy Pop a vécu une idylle outrageuse avec une adolescente de 14 ans. Que Betty Page apparaît sur 20 000 clichés sans jamais avoir été rémunérée. Ou encore, que Nine Inch Nails (27 cm) est en fait la longueur des clous qui ont crucifié le Christ. Et enfin que Lemmy (Motörhead), pas très gâté par la nature, s’est mis à la musique pour emballer de la groupie à tout-va (2000 selon la police, 200 selon Lemmy Kilmister) et ce, pour le plus grand bonheur de millions de tatoués bien virils…

Les femmes aussi

L’écrivain n’oublie pas l’importance des femmes dans cet univers où l’organe masculin prédomine. Elle aborde le monde des groupies et des muses, certes, mais aussi le « pussy power » qui naquit en pleine émancipation féminine avec les Slits, L7 et le Riot Grrr !, un label qui influencera une certaine Beth Ditto, des Gossip.

Une petite devinette pour finir : quel est le point commun entre Iggy Pop et Jimi Hendrix ? Vous trouverez la réponse en effeuillant Rock’n’sex, chez votre libraire depuis l’aube.

DécouvrirRock’n’sex, 72 pages illustrées chez Tana Editions. Dans le cadre de Tout Mulhouse lit, quatre microfictions tirées de Sex is rock’n’roll sont susurrées vendredi, samedi et dimanche de 14 à 14 h 30 et en boucle à partir de 19 h vendredi sur Radio MNE (www.radiomne.com). Les actualités de Lucie Lux sur www.lucielux.org

Dom Poirier

Un Rock’n’sex fraîchement pressé qui laisse son empreinte dans cette édition de Tout Mulhouse lit dédiée à la musique. Illustrations MissCandy Dion

(article paru dans le quotidien régional L’Alsace le 20/10/2011 – www.lalsace.fr)


Posts récents

Voir tout
bottom of page