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Piétonnisation : L'Arsenal repart au combat

Au lendemain du 21 avril 2002 qui propulsait l’extrême droite au second tour des présidentielles, un collectif de Mulhousiens citoyens se mobilisait pour construire une société plus ouverte et plus conviviale. Il milite pour la piétonnisation partielle de la rue de l’Arsenal, en vain.

« C’est vraiment une toute petite chose qu’on demande, qui ne coûte pas un rond ! Piétonniser la rue de l’Arsenal le vendredi et samedi soir à partir de 19 h et le dimanche toute la journée, juste pendant l’été… » Jean-Luc Wertenschlag, président de l’association Old School et bénévole actif du festival « L’Arsenal fait sa loi », ne cache pas son découragement. Depuis des années, il réclame avec d’autres citoyens mulhousiens cette piétonnisation partielle de la rue de l’Arsenal, en vain. L’idée a germé au lendemain de la première édition du mini-festival « L’Arsenal fait sa loi », en septembre 2003, manifestation créée pour rapprocher les habitants. Ce jour-là, la rue retrouvait toute sa convivialité, grâce à sa fermeture aux voitures.

400 signatures

Le collectif lance une pétition et réunit 400 signatures. Mais la mairie reste imperméable à ses arguments. La rue de l’Arsenal est « un axe stratégique du nouveau plan de circulation », explique l’adjoint Eugène Riedweg. Y compris le soir après 19 h et le dimanche, apparemment. « Un comble lorsqu’on construit un tramway pour dissuader les automobilistes d’encombrer le centre », constate-t-on. Le collectif ne baisse pas les bras pour autant. Deux nouvelles éditions de la manifestation « L’Arsenal fait sa loi » remportent un grand succès, attirant dans la rue momentanément piétonne plusieurs milliers de visiteurs. Des terrasses partout, des petites animations festives, les enfants qui peuvent jouer, tout le secteur noir de monde… Lorsque l’équipe organisatrice se réunit à l’automne dernier pour parler avenir, elle renouvelle sa demande de piétonnisation partielle de la rue : même combat, mêmes tranches horaires. La réponse de la Ville tombe plusieurs mois plus tard, même refus.

Un rendez-vous avec le maire

Aujourd’hui, le collectif est exaspéré et réclame un rendez-vous avec le sénateur maire Jean-Marie Bockel, faute d’avoir convaincu ses adjoints. Y aura-t-il une 4e édition de « L’Arsenal fait sa loi » cet été ? Les bénévoles s’interrogent pour savoir s’ils ne vont pas investir leur énergie et leur enthousiasme ailleurs. Et de citer avec nostalgie l’époque où le centre historique était un peu plus vivant qu’aujourd’hui : « Quand je pense à un endroit comme la Cour des Chaînes, un site magnifique, réhabilité avec de l’argent public, aujourd’hui inaccessible… Ce qu’on veut, c’est juste que la vie reprenne ses droits. Pas question de balancer des tonnes de décibels, mais de faire des choses soft, légères, consensuelles, en concertation avec les commerçants, les habitants, les assos… » Jean-Luc Wertenschlag espère encore convaincre. Il a des arguments. On le sait, les touristes ne s’éternisent guère, Mulhouse a du mal à se débarrasser de sa réputation de ville morte. Il suffit de se promener un peu ailleurs en France pour mesurer le déficit d’animation nocturne l’été. Il y a aussi tous les Mulhousiens qui ne partent pas en vacances et qui s’ennuient… « Y a-t-il encore des élus à Mulhouse qui écoutent les citoyens ? La balle est dans leur camp », conclut-il.

Frédérique Meichler

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Et si la vie reprenait ses droits, rue de l’Arsenal, en fin de semaine ? Photo F.M.


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