Strasbourg Music Week raconté par Fatma, Giulia et Julia
- Fatma Jrad

- 8 mai
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 9 minutes
Du 5 au 8 mai 2026, Fatma, Julia et Giulia, volontaires européennes à Radio WNE, ont quitté Mulhouse direction Strasbourg Music Week. Quatre jours de conférences, de workshops, de concerts et de rencontres, et autant de micros tendus, de carnets remplis et de découvertes musicales. On est arrivées sous la pluie, on est reparties avec des étoiles plein les oreilles. Dès le premier soir à La Grenze, on a eu la chance de croiser Pierre Jacubowicz, le nouvel adjoint à la culture de la ville de Strasbourg, qui a assuré le discours d'ouverture de cette 4ème édition, l'occasion d'une petite interview qui nous a menés jusqu'à l'Opéra du Rhin et même à Mulhouse. Voici ce qu'on a vécu.

Strasbourg Music Week, c'est quoi exactement ?
C'est le rendez-vous transfrontalier des professionnel·les des musiques actuelles, et ce n'est pas rien. Pour sa quatrième édition, Strasbourg Music Week a réuni des artistes, programmateurs, managers, attachés de presse et acteurs culturels venus de France, de Belgique, du Luxembourg, d'Allemagne et de Suisse. L'objectif ? Échanger, se rencontrer, et tisser des liens durables entre les scènes musicales de l'Eurorégion. Entre conférences engagées, workshops interactifs, showcases d'artistes émergents et moments de networking, Strasbourg Music Week est bien plus qu'un festival, c'est une plateforme européenne où toute la filière musicale de l'Est se retrouve pour parler boulot, questionner ses pratiques et imaginer les musiques de demain. Beaucoup moins ennuyeux qu'une réunion Zoom, on vous l'assure.
Ruralité et électro : le cœur de cette édition
Cette année, deux grandes thématiques ont rythmé les échanges professionnels : la ruralité et les musiques électroniques. Dans une Eurorégion où 94% du territoire est considéré comme rural, la question de l'accès à la culture et de l'accompagnement des artistes hors des grandes villes est centrale, surtout dans un contexte de restrictions budgétaires dans le secteur culturel. Comment faire vivre une scène musicale quand on n'est pas à Paris, Berlin ou Bruxelles ? Comment soutenir des artistes émergents dans des territoires excentrés ? Ce sont ces questions-là qui ont animé les salles. Côté électro, c'est tout un secteur en mutation qu'on a disséqué : nouveaux modèles économiques, pratiques qui changent, concurrence accrue pour capter l'attention du public. Deux sujets, une conviction : la musique ne vit pas que dans les métropoles.
Ce qu'on a appris
On n'a pas fait que manger des bretzels. On a bossé. Le workshop Musique, ruralité & santé au travail nous a mis face à des sujets qu'on aborde rarement dans le milieu musical : la maladie, la maternité, les menstruations, et les difficultés spécifiques des territoires ruraux. Lydia Frémaux, fondatrice de CurlyCare et en rémission d'un cancer du sein, et Marion Petit, chargée de mission du réseau Grabuge Grand Est, ont parlé cash d'un impensé de la filière. C'était fort, nécessaire, et on espère que ce n'est que le début de la réflexion.
La conférence Ruralité et renouvellement des publics a exploré le rôle des petites salles, des lieux associatifs et des initiatives rurales dans le maillage culturel local, parce que non, la culture ne s'arrête pas au périph. La session d'écoutes publiques de musiques électroniques, c'était des projets émergents passés au crible par des professionnel·les : analyses, retours, direction artistique. Un format rare et précieux pour des artistes qui cherchent à se faire une place. Et jeudi matin, les trois volontaires WNE se sont retrouvées sur un tapis de yoga au son de la techno avec Laura Diebold et DJ Maze pour l'Electro Yoga. Oui, ça existe. Oui, on recommande à 100%.

Les pros qu'on a rencontrés
Strasbourg Music Week, c'est aussi une occasion rare de croiser des professionnel·les de la filière et d'en apprendre plus sur des métiers qu'on connaît peu. Virginie De Neve, présidente de l'Alliance des Managers (AMA), nous a parlé avec franchise des défis du management artistique en territoire rural et de la course aux fans dans un secteur ultra-concurrentiel où les modèles économiques se réinventent en permanence. Darya Kulinka, Head of PR & Sync chez Better Things, et Lucas Bouiller, attaché de presse à l'agence Stakkato, nous ont ouvert les portes des coulisses des relations presse dans la musique , un métier dont on entend parler partout mais qu'on décortique rarement de l'intérieur.
Écoutez le podcast : RP dans la musique, c'est quoi ce métier ?
En direct avec Radio Quetsch et R.E.C.
Deux soirs de 18h à 20h, deux émissions live, plein de bons moments. En collaboration avec Radio Quetsch et REC (Radio En Construction), Luc et Fatma ont enfilé le costume d'animateurs pendant que Giulia, Julia, Anna, Jeanne et Jean-Luc enchaînaient les interviews : un artiste ou un pro de la musique toutes les 15 minutes. Le rythme était soutenu, l'ambiance était top. Mention spéciale à toute l'équipe, aucun·e d'entre nous n'est vraiment du milieu musical, et pourtant on a assuré comme des pros. Preuve que la curiosité remplace pas mal de choses.
Sur scène : 24 artistes, 5 pays, 3 salles
Trois soirées de concerts ont animé Strasbourg du 5 au 7 mai dans trois salles emblématiques : La Grenze pour l'inauguration, le Karmen Camina le mercredi soir, et le Molodoï pour clôturer en beauté le jeudi. 24 artistes de France, Belgique, Luxembourg, Allemagne et Suisse se sont succédé sur scène avec des sonorités aussi diverses que l'Eurorégion qui les accueille, hip-hop, trap, électro, métal, rock, chanson, world beat, jazz… La diversité était totale, la qualité au rendez-vous. Au programme : Glasscats, Kaat Van Stralen, Francis of Delirium, Josy Basar, Tendinites, Julie Rains, Güner Künier, Maïcee, Nord//Noir, Pablo Valentino, Lady Poï, Yend, Ncy Milky Band, Cheapjewels, Lobsterbomb, Nathalie Froehlich, Gros Cœur, Cascadeur, et bien d'autres. Une programmation qui prouve, si besoin était, que la scène émergente européenne se porte bien.
Strasbourg en mode balade musicale
Le vendredi 8 mai, Strasbourg Music Week s'est clôturée en beauté avec la désormais mythique Soundwalk , une balade musicale à travers la ville, ponctuée de haltes artistiques dans des lieux tenus secrets jusqu'au dernier moment. The Wooden Wolf, Allivm, Grindi Manberg et Nubreeze ont investi des espaces insolites de Strasbourg pour offrir une expérience immersive et accessible à tous. On s'est laissé guider par les sons dans des coins qu'on n'aurait jamais explorés autrement. C'était doux, c'était inattendu, c'était exactement ce qu'il fallait pour terminer ces quatre jours sur une note légère et poétique.
Et pour clore l'aventure en beauté, on a fait le bilan de cette édition avec Isabelle Sire, fondatrice de Strasbourg Music Week, et Jean-Christophe Boileau, alias JC, directeur de Diffusion Prod à Nancy et Strasbourg. Retour sur les temps forts, les surprises et ce que cette édition dit de l'état de la filière musicale dans le Grand Est.
Coupez ! (mais on reviendra)
Des micros et des Nagras bien remplis, des oreilles heureuses et des rencontres qui donnent envie de faire encore mieux. Un grand merci à Radio Quetsch, REC et toute l'organisation de Strasbourg Music Week 2026 pour avoir rendu tout ça possible. Et si SMW 2027 existe, on sera là, c'est promis !

Tous nos reportages et interviews SMW sont là : https://podcast.ausha.co/wne/playlist/strasbourg
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