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Christelle Golzio et ses recherches sur l'autisme

Dernière mise à jour : il y a 19 heures

La scientifique Christelle Golzio mène des recherches à Strasbourg, notamment sur les troubles du spectre autistique. Avant sa venue à Mulhouse le 10 mars 2026 dans le cadre de A votre Santé! elle partage son parcours et ses travaux pour en savoir plus sur cette maladie qui touche des dizaines de millions de personnes dans le monde.


Transcription d'un entretien audio animé par Antoine Ledermann et Jean-Luc Wertenschlag. Enregistrement réalisé le 5 mars 2026 à écouter en podcast. Retrouvez des entretiens passionnants avec des scientifiques et tous les podcasts À votre Santé !


À votre santé ! C'est le mois de la santé et de la recherche médicale en mars 2026, en Alsace et dans le Grand Est. Plus de 20 événements tous gratuits, ouverts à tous, proposés par la Nef des sciences et l'Inserm Est. Jeux, visites, conférences, expositions, ciné-débats, retrouvez le programme complet sur le site de la Nef des sciences.



  • Bonjour et bienvenue dans « À votre santé » , le mois de la santé et de la recherche médicale en Alsace et dans le Grand Est durant tout le mois de mars 2026. Nous recevons Christelle Golzio en compagnie de mon collègue Antoine Ledermann. Christelle Golzio, vous êtes chercheuse, Inserm à l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire au CNRS à l'Université de Strasbourg. L'idée est de présenter notre invitée scientifique, Christelle Golzio, de raconter les recherches que vous menez actuellement, quel est votre travail, et puis de préciser la soirée du 10 mars 2026 dans le cadre de « À votre santé » au cinéma Bel Air à Mulhouse, une ciné-rencontre à laquelle vous allez participer après la projection du film « Le goût des merveilles » . On est dans ce cadre-là plutôt du côté du spectre de l'autisme. Christelle Golzio, on va peut-être commencer, si vous en êtes d'accord, par votre enfance. Enfin, avant de choisir des études scientifiques, on aimerait connaître votre parcours. Qu'est-ce qui vous a poussé ? Quelle était la passion, l'envie que vous aviez quand vous étiez à l'école, au collège, au lycée avant de choisir des études scientifiques ?


J'ai toujours été intéressée par les sciences. Je pense que comme tous les enfants, j'ai eu ma phase archéologie, recherche de dinosaures, après j'ai eu ma phase biologie. J'ai eu la chance d'être un peu la génération avènement de la génétique et compréhension des chromosomes qui sont dans toutes nos cellules, et qui finalement sont là pour gouverner un peu la construction des organes et du corps. Et c'est vrai que c'est quelque chose qui m'a toujours intéressée. J'ai voulu très tôt m'engager dans un parcours d'études sur la biologie. Et j'ai pu obtenir en fait un doctorat en génétique humaine à l'université Paris Descartes. Ensuite j'ai pu poursuivre des recherches à l'étranger.

J'ai passé plusieurs années aux Etats-Unis dans une université à faire de la recherche sur la génétique des maladies rares, affectant le développement de différents organes de l'enfant.

Et ensuite, j'ai pu rentrer en France et ouvrir mon laboratoire de recherche à Strasbourg, à l'IGBMC, Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire, qui amène à comprendre les bases génétiques qui relient les anomalies génétiques aux troubles du spectre de l'autisme, comprendre quelles sont les atteintes qui amènent les enfants à présenter des troubles du spectre de l'autisme.


L’IGBMC mène des recherches sur l'expression des gènes, sur l'organisation et la destinée des cellules, dans un contexte normal ou pathologique, afin de mieux comprendre les mécanismes du vivant, avec l’objectif de faire progresser la connaissance scientifique et d’avoir un impact concret sur la santé humaine.
L’IGBMC mène des recherches sur l'expression des gènes, sur l'organisation et la destinée des cellules, dans un contexte normal ou pathologique, afin de mieux comprendre les mécanismes du vivant, avec l’objectif de faire progresser la connaissance scientifique et d’avoir un impact concret sur la santé humaine.

  • Vous êtes originaire d'Alsace ?


Pas du tout. Je suis née à Dijon, je viens de Côte d'Or. Et c'est vrai qu'au cours d'un parcours d'un biologiste, d'un scientifique et d'un chercheur, on est amené à beaucoup voyager. Très tôt, j'ai quitté ma région pour la région parisienne, pour poursuivre mon doctorat. Et puis, au fur et à mesure des opportunités, on peut se retrouver de l'autre côté de l'océan pendant quelques années, et avoir la possibilité de revenir. C'est vrai qu'à l'époque, c'était une opportunité de réinstaller en Alsace le laboratoire que j'avais déjà monté aux États-Unis.


  • Strasbourg, c'était un choix, vous rêviez de choucroute et de tarte flambée ?


Alors j'adore ça, mais c'est vrai que l'IGBMC est quand même un centre européen pour la recherche, à la frontière avec l'Allemagne, et on peut facilement établir des collaborations avec d'autres scientifiques dans d'autres pays européens. Et j'avais déjà effectivement des collègues qui étaient du côté allemand et en Suisse. C'est un des instituts qui potentiellement était d'intérêt pour moi, avec tout ce qu'il fallait pour poursuivre mes recherches dans les meilleures conditions possibles.


  • Pour info, on a une série avec la Nef des sciences à Mulhouse qui s'appelle L'écho des savantes, où on a fait le choix de n'interroger que des femmes scientifiques. Cela m'amène à une question. Avez-vous été victime de préjugés sur les jeunes femmes qui seraient moins douées que les hommes pour les études scientifiques ? Est-ce que vous avez senti ça dans vos études, dans votre carrière ?


Être une femme ne m'a jamais posé de problème, dans le sens où mon objectif était d'avoir la capacité de faire de la recherche. Je ne me suis jamais dit en tant que femme, ça va être compliqué. Après, c'est vrai qu'au cours de mes études, puis par la suite, dans un cadre plus professionnel, en post-doctorat, avec un contrat de travail, dans les organismes de recherche...

Les préjudices portent surtout sur l'avancement des femmes, qui sont parfois plus difficiles, on va privilégier des hommes par rapport à des femmes.

Pour X raisons, elles peuvent avoir des enfants... Mais je me suis toujours dit, un homme est aussi capable qu'une femme, inversement. Donc, je n'ai jamais eu ça en tête, mais c'est vrai que j'ai pu observer des choses qui n'étaient pas très correctes, de traitement, on va dire, entre un homme scientifique et une femme scientifique, mais je ne pense pas avoir été pénalisée par mes chromosomes, on va dire.



  • Dans le domaine des sciences, l'égalité homme-femme évolue-t-elle positivement ces dernières années ?


Je pense qu'il y a un effort de nos instances de recherche publique, notamment le CNRS et l'Inserm, qui sont très vigilants maintenant à prendre en considération la carrière des femmes scientifiques. On le voit au niveau national avec l'inscription des femmes scientifiques sur la tour Eiffel, et je pense que c'est vraiment une bonne chose. Leur travail a souvent été dévalorisé. Dans la génétique, on pense souvent à l'hélice de Watson et Crick, l'hélice d'ADN et la résolution de la structure de l'ADN par Watson et Crick, qui étaient deux hommes. et qui se sont basées sur des recherches d'une femme. Et cette femme n'a jamais été reconnue, seulement après coup. C'est très bien au niveau national qu'on prenne en compte les femmes scientifiques, on en parle plus.

Le CNRS et l'Inserm, nos deux agences de recherche nationale, font très attention de s'assurer que l'évolution de la carrière des hommes et des femmes soit équivalente et qu'il y ait un rattrapage de promotion des femmes à des niveaux supérieurs.

On a plusieurs catégories, chargé de recherche et directrice de recherche. Ils s'assurent qu'il y ait une bonne proportion d'hommes et de femmes dans ces différentes catégories au cours de la carrière et qu'on n'a pas systématiquement un excès d'hommes scientifiques qui sont directeurs de recherche. C'est vraiment important parce qu'avant, effectivement, on avait beaucoup de femmes qui étaient juste chargées de recherche travaillant dans un laboratoire dirigé par un homme. Maintenant, on a de plus en plus de femmes qui dirigent des laboratoires de recherche ou des instituts de recherche au niveau français. C'est plutôt une bonne nouvelle et ça va dans le bon sens.


  • Pour les adolescentes, adolescents aujourd'hui au lycée en terminale et qui ont envie de science, auriez-vous des conseils au moment où ils et elles vont choisir leurs études, leurs spécialités ?


Je pense qu'il ne faut pas qu'elles perdent leurs envies de sciences, aussi bien sur les mathématiques, la physique, la chimie, la biologie, les sciences en général. Il ne faut pas qu'on leur laisse penser que les filles et les femmes sont meilleures dans le côté littéraire ou dans d'autres activités, et que les sciences, c'est plutôt un domaine plus masculin. Si elles ont les capacités et cette envie, il ne faut pas hésiter, il faut y aller. Il faut aller dans les prépas, il faut suivre les cursus scientifiques, il faut qu'elles y aillent. Qu'elles ne se disent pas "Ah, je suis une femme, ce n'est pas la voie classique pour moi". Il ne faut pas s'arrêter à ça. Et surtout, le syndrome de l'imposteur, comme on l'entend souvent pour les jeunes femmes, il ne faut pas se laisser influencer en disant « non, non, mais c'est mieux si tu fais autre chose» .

Je pense que si les filles et les jeunes femmes sont douées dans les sciences, il faut qu'elles s'inscrivent dans les cursus scientifiques. Elles sont aussi capables que les hommes.



  • Le message de Christelle Golzio est passé, allez-y les filles si vous avez envie de science! On va maintenant évoquer votre activité actuelle de chercheuse Inserm, CNRS, à l'université de Strasbourg. Qu'est-ce que vous cherchez ? Est-ce qu'on a le droit de dire chercher d'ailleurs ? Ou plutôt rechercher ?


Oui, on recherche, on cherche. Dans mon laboratoire de recherche, on s'intéresse principalement au réarrangement chromosomique. Vous avez 23 paires de chromosomes dans chacune de vos cellules. On peut avoir des chromosomes qui deviennent plus courts ou plus longs. Et pour faire simple, on cherche à comprendre quels sont les gènes qui sont dans ces morceaux de chromosomes qui, lorsqu'ils sont en plus grand nombre ou en plus petit nombre, vont induire des anomalies du développement du cerveau pendant la période fétale, pendant la grossesse et qui va aboutir à un développement altéré du cerveau qui va conduire à l'apparition de troubles du spectre de l'autisme, associés ou non à la déficience intellectuelle, et également associés à d'autres anomalies de développement qu'on peut appeler comorbidité. Cela peut être des anomalies aussi bien d'autres organes comme des anomalies au niveau du tube digestif et de la motricité de l'intestin. Et on peut également avoir d'autres atteintes associées aux troubles de l'autisme, avec de l'hyperactivité, du déficit de l'attention. Et donc dans mon laboratoire, on peut utiliser des modèles cellulaires et animaux pour mieux comprendre la fonction de ces gènes au cours du développement du cerveau humain, et d'appréhender ce qui se passe quand ces gènes sont altérés, et essayer dans la mesure du possible de

trouver des voies thérapeutiques pour améliorer le confort des personnes qui présentent ces traits autistiques dans leur vie de tous les jours,

améliorer notamment l'hyperactivité ou booster un peu leur attention pour essayer d'améliorer certains signes qui peuvent les perturber au cours de leur vie quotidienne.


  • C'est quoi un chromosome ?


C'est un filament d'ADN. Imaginez un grand fil. On va le regrouper dans une pelote. Et donc vous avez une pelote de laine, si vous voulez, c'est un chromosome. Et quand on tire dessus, on va avoir un fil, c'est ce qu'on appelle l'ADN, et dessus il y a l'information génétique. C'est comme si vous ouvrez un livre et vous lisez à haute voix le premier chapitre sur votre fil, ça va donner des instructions à vos cellules, qui composent votre peau, votre cœur, etc., à fonctionner correctement en produisant des protéines, qui sont la constitution de tout votre corps. C'est le mode d'emploi. Les chromosomes portent le mode d'emploi pour « fabriquer » un être vivant. Et donc, on a ces pelotes de laine dans nos cellules, comme tous les animaux et les plantes.


Retour vers la soirée de lancement À votre Santé ! 24 février 2026 pour envoyer valser Alzheimer en dansant le tango

  • Il existe plusieurs différents troubles du spectre de l'autisme. Est-ce que l'autisme, c'est tout un tas de connexions neuronales qui n'ont pas disparu alors que chez les êtres dits normaux, ce n'est pas le bon mot, mais chez les autres, elles disparaissent ?


Oui, c'est une des explications. Si on replace les traits autistiques dans leur contexte, au niveau du cerveau, vous avez effectivement une série de neurones. On va avoir des neurones qui vont être plutôt excitateurs, et d'autres plutôt inhibiteurs, qui vont envoyer des signaux de freinage du cerveau, et d'autres qui vont au contraire instruire le cerveau en disant accélère. Et comprenez bien qu'il faut qu'on ait une balance entre ces neurones qui poussent et ces neurones qui freinent. Ils sont organisés dans un réseau et on peut avoir différents cas de figure qui vont faire que la machine va s'emballer ou du moins être altérée. C'est-à-dire quand on va avoir soit un excès de neurones plutôt excitateurs ou avoir des neurones plutôt inhibiteurs en plus grand nombre ou au contraire, on va avoir des neurones qui vont avoir tendance à se connecter avec d'autres alors qu'ils ne devraient pas le faire. Et ça va faire un brouillage, comme si on pourrait dire un brouillage radiophonique. Ce qui va créer un brouillard cérébral qui fait que le cerveau ne fonctionne plus correctement. De là va découler tout un spectre de présentation des traits autistiques qui sont uniquement le reflet d'un mauvais câblage, comme un réseau téléphonique si vous voulez, où un neurone va essayer d'appeler quelqu'un et finalement il va tomber sur une autre personne. Cela va créer des troubles sur la manière dont les personnes peuvent se comporter socialement avec d'autres personnes. Ils vont avoir du mal à décrypter. les sentiments et les intentions d'autres personnes. Ils vont avoir des comportements répétitifs ou très focalisés.

C'est complètement lié à la manière dont les neurones se sont connectés entre eux au cours du développement.

On peut aussi avoir, dans d'autres formes, des neurones en plus petit nombre. C'est au cours du développement où on va avoir une production neuronale qui va être inférieure. Ou au contraire, on va avoir trop de neurones produits au cours du développement. Là, ça va aussi créer des problèmes, puisque trop de neurones ne vont pas vraiment savoir comment s'organiser dans un réseau qui, normalement, est bien contrôlé avec un nombre de neurones précis. Là, on va en avoir moins ou plus. Et ça va aussi perturber le réseau neuronal.


  • Mais quand on parle d'autisme et des différents troubles de l'autisme, on pense souvent aux autistes Asperger, qui ont fait l'objet de films et qui, semble-t-il, amènent une mémoire incroyable chez certains, puisqu'ils sont capables de retenir des chiffres, des faits, des mots, des histoires. On a l'impression qu'ils ont un disque dur, inépuisable, qui leur permet d'emmagasiner tout un tas de souvenirs. Vous confirmez ?


Oui, alors il faut qu'on remette les choses dans leur contexte. Très peu de personnes ont ces capacités hors du commun dans le cadre des troubles du spectre de l'autisme. C'est des personnes qui, du fait de ce qu'on disait plus tôt, du câblage particulier dans leur cerveau, vont avoir des capacités décuplées pour certaines facultés.

On a des personnes qui ont l'oreille absolue, d'autres qui retiennent tout, certaines qui voient une image et qui arrivent à le redessiner à la ligne près.

C'est des capacités hors du commun, mais il ne faut pas oublier que c'est au détriment d'autres fonctions du cerveau, on va dire plus communes, et c'est des personnes qui peuvent à la fois être très bonnes dans un domaine, et par contre ne pas savoir aller d'un point A à un point B en prenant le bus, c'est trop compliqué pour eux. Et c'est vrai que c'est quelque chose que peut-être certaines personnes ne sont pas au courant. Et je tiens à rappeler qu'on ne parle plus d'autisme Asperger, puisque c'est quelque chose qui avait été décrit par quelqu'un, mais maintenant c'est vraiment inclus dans les TSA, dans les troubles du spectre de l'autisme, et on ne fait plus de distinction entre une personne avec TSA et une personne avec TSA qui présenterait des capacités exceptionnelles dans le cas de la peinture, la musique, etc. Ça fait partie des troubles du spectre de l'autisme. Mais c'est quelques pourcents de toutes les personnes qui présentent des TSA.


  • À l'inverse, à l'autre bout des troubles du spectre de l'autisme, il y a certains autistes qui n'arrivent pas à communiquer avec les autres. Est-ce que ça se soigne ? Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on arrive à identifier, diagnostiquer tous les autismes aujourd'hui ?


Il y a eu beaucoup de travail par les psychiatres et les pédopsychiatres justement pour détecter très tôt comme je l'ai dit plus tôt, c'est une maladie neurodéveloppementale. La question depuis plusieurs années, c'est que c'était soit découvert trop tard, soit pas diagnostiqué du tout. Et donc effectivement un enfant avec TSA va devenir un adulte avec TSA, il faut garder ça en tête. Et donc très tôt, il y a eu tout un travail fait par nos collègues de psychiatrie pour essayer d'établir des tests. Pour détecter le plus tôt possible, chez l'enfant, les premiers signes des troubles du spectre de l'autisme. Parce que

plus on identifie tôt qu'un enfant présente des TSA, avec ou sans déficience intellectuelle, avec ou sans hyperactivité ou troubles de l'attention, mieux on peut accompagner les enfants

pour qu'ils acquièrent les connaissances dont ils ont besoin au cours de leur enfance. Pour pouvoir les accompagner au niveau scolaire. Un enfant qui présente des TSA plus de l'hyperactivité, s'il n'est pas accompagné, sa scolarité va être un petit peu compliquée. Donc plus on diagnostique tôt, mieux c'est. Il y a effectivement des tests à passer pour vraiment poser le diagnostic de troubles du spectre de l'autisme.



  • Sait-on quelle population est touchée par ces troubles du spectre de l'autisme ? Combien de personnes en France ?


Beaucoup plus de personnes qu'on croit, à peu près 1 à 2% de la population.


  • Et est-ce que ça se soigne ? J'imagine qu'on n'ouvre pas le cerveau pour reconnecter des neurones.


Non. Alors, ce que l'on fait dans mon laboratoire et dans d'autres, c'est d'améliorer le confort de vie de ces personnes. Déjà de mieux comprendre l'origine de leurs troubles pour mettre en place et développer des stratégies thérapeutiques. L'idée n'est pas forcément changer leur personnalité, ce n'est pas l'objectif. Par exemple on peut tenter d'atténuer l'hyperactivité des enfants, on peut diminuer leurs troubles de l'attention pour qu'ils soient plus attentifs à l'école et qu'ils apprennent mieux. Et puis après, on a tous ces troubles de l'anxiété, parce que ces personnes présentent souvent des soucis d'interaction sociale. Ce sont des personnes qui peuvent être vraiment très stressées par l'environnement. Rien que d'appeler quelqu'un au téléphone ou de se retrouver dans une salle avec énormément de monde, c'est quelque chose qui est vraiment très stressant pour eux. On peut améliorer ça. Après, effectivement, comme vous le dites, on ne peut pas ouvrir le cerveau. et recâbler correctement. Mais on a maintenant de plus en plus d'outils pour améliorer le confort de vie de ces personnes. Et en plus de l'accompagnement, il y a des psychomotriciens, des pédopsychiatres et des psychiatres. Donc c'est un tout.


  • Comment ça se passe à l'école pour les enfants diagnostiqués TSA ? Est-ce qu'ils peuvent suivre, pour certains, une scolarité normale ? Doivent-ils être accompagnés pour certains 24h sur 24 ? Quelles sont les différentes possibilités éducatives pour les enfants et les adolescents ?


Tout dépend de la sévérité de leurs troubles. Et notamment, s'il y a en plus des troubles du spectre de l'autisme, une association avec l'hyperactivité et les déficits de l'attention. Parce que là, ils ont vraiment besoin d'être accompagnés par une personne dans la classe, qui peut leur répéter les consignes, etc. Après, la scolarité peut bien se passer.

On a des personnes avec des troubles du spectre de l'autisme qui peuvent suivre une scolarité normale, dans la mesure du possible, où ils peuvent être accompagnés par un AESH (Accompagnant d'Élève en Situation de Handicap).

Par contre, si on a un enfant qui va être dans l'agressivité, qui peut être un des marqueurs de son trouble, on peut avoir des enfants qui sont très remuants et qui peuvent être violents vis-à-vis de leurs camarades de classe. Ça peut poser des problèmes et dans ce cas-là, ces enfants sont pris en charge dans des structures plus adaptées pour ce type de trouble. Donc cet aspect est vraiment très variable. Ça dépend vraiment de chaque enfant et de ses besoins.



  • Quand on parle de troubles de l'attention et d'hyperactivité, est-ce que c'est forcément associé au TSA ?


Alors, les troubles du spectre de l'autisme peuvent être associés ou non à l'hyperactivité et aux troubles de l'attention. C'est là tout le jeu du diagnostic, puisqu'en fait souvent les enfants sont d'abord diagnostiqués hyperactifs et/ou ayant des troubles de l'attention. Et au fur et à mesure des consultations chez les pédopsychiatres, il va systématiquement y avoir un test pour les TSA. Et souvent ces enfants sont diagnostiqués après coup, après leur premier diagnostic d'hyperactivité ou de troubles de l'attention. Se rajoute le fait qu'ils présentent aussi des troubles du spectre de l'autisme. Tout dépend à quel point l'enfant a été testé. C'est souvent en association.


  • Et arrivé adulte, à quoi ressemble la vie de quelqu'un touché par le TSA ? Beaucoup arrivent à travailler dans une entreprise ?


Oui. Certains adultes, quand ils étaient enfants, n'ont peut-être pas du tout été diagnostiqués. On a dit qu'ils étaient turbulents, qu'ils n'arrivaient pas à se concentrer. Mais effectivement, il y avait moins de tests systématiques que pour les enfants de la génération actuelle. Mais ce sont des personnes qui ont un travail. Quand il n'y a pas de déficience intellectuelle, il n'y a aucun problème pour que ces personnes aient un emploi classique. On a de plus en plus le cas de personnes adultes autour de la quarantaine ou de la cinquantaine et qui auront eu dans leur expérience de vie des petits soucis dans le monde du travail du fait de leur sociabilité qui peut être altéré chez les personnes présentant des TSA, avec des comportements vis-à-vis de l'autre qui peut être étrange pour ce qu'on appelle des neurotypiques, à l'opposé de personnes qui ont un trouble du spectre de l'autisme. Ces personnes vont avoir eu l'impression toute leur vie d'avoir eu un rejet social, parce qu'ils ont toujours eu l'impression de ne pas être comme les autres ou des choses qui pourraient sembler sympas pour certaines personnes. Par exemple, les discussions à la machine à café, il y a certaines personnes qui présentent des troubles du type de l'autisme, qui ne voient pas l'intérêt de ce type de discussion qui ne sert à rien, ou alors sont mal à l'aise en groupe et ne veulent pas interagir dans ce cadre-là. Donc ça va être

des personnes en emploi, assez performantes d'ailleurs, mais en parallèle, elles vont avoir un problème au niveau de leurs collègues.

Ça ne va pas bien se passer dans certains cas du fait du rapport à l'autre, de décrypter ce que l'autre personne pense. Ils ne vont pas forcément comprendre les jeux de mots ou l'ironie ou des choses comme ça. Donc à l'âge adulte, ça va être un peu compliqué pour eux de s'adapter au monde du travail sur le côté social. Mais après, c'est des personnes qui sont très performantes dans leur travail.


  • Et est-ce qu'on diagnostique encore à l'âge adulte ?


Oui, tout à fait. C'est le cas de plus en plus de personnes, avec les réseaux sociaux, et toutes les choses qui sont très importantes pour maintenant la santé mentale. On en parle beaucoup, de plus en plus, dans les médias, etc. Et donc, ces personnes qui avaient ce sentiment que je viens de décrire se sont dit « Allez, je vais me faire diagnostiquer » . J'ai pu échanger avec plusieurs de ces personnes qui étaient soulagées de savoir qu'ils sont dans le spectre de l'autisme. Et ils comprennent mieux ce type de comportement. Ça explique beaucoup de choses dans leur vie quotidienne qu'ils vivent depuis qu'ils sont passés d'enfants à adultes. Il y a de plus en plus d'adultes qui sont diagnostiqués, oui. Entre 40 et 50 ans,

il y a de plus en plus de personnes qui poussent la porte des unités de psychiatrie dans les hôpitaux. Alors ça peut faire peur, mais il faut y aller. Et c'est très important en fait pour le bien-être de savoir effectivement si on est porteur ou pas de troubles du spectre de l'autisme.



  • Vous nous avez dit que 1 à 2% de la population est atteinte de TSA.


Oui, au niveau mondial et français.


  • Au niveau mondial, ça représente quand même, quelques 60 à 150 millions de personnes à l'échelle de notre planète. Mais dans des pays plus pauvres, est-ce qu'ils sont moins bien diagnostiqués, moins bien accompagnés, voire rejetés parce qu'on ne sait pas qu'est-ce qu'ils ont et qu'on ne sait pas les accompagner ? Vous avez des éléments sur d'autres régions dans le monde au niveau de TSA ?


Alors effectivement, selon la richesse du pays dans lequel on est, on n'a pas les mêmes chances au départ. En Afrique notamment, mais même en Inde ou dans d'autres pays, on peut avoir des enfants qui ne sont pas du tout diagnostiqués. C'est très courant. Et ils ne sont pas du tout accompagnés non plus parce qu'ils ne sont pas diagnostiqués. Et dans certains cas,

dans certains pays d'Afrique notamment, si on a une malformation au niveau de la lèvre ou une atteinte au niveau cardiaque, on peut soit être reclus, soit mourir de quelque chose qui aurait pu être soigné en Europe.

Donc c'est vrai qu'il y a une vraie problématique de prise en charge des personnes avec TSA, selon si on a la chance de vivre en Europe, aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie. Et à l'inverse, si on est dans un pays plutôt pauvre, c'est sûr que la prise en charge va être moindre, voire inexistante.


  • Mais pour autant, au niveau des autismes plutôt, il peut aussi y avoir une mobilisation des patients eux-mêmes. La Maison de l'Autisme de Mulhouse, par exemple, est une association qui a été créée par des personnes atteintes de TSA. Est-ce qu'une mobilisation des personnes touchées par cette maladie fait évoluer les choses ? Est-ce qu'il y a un niveau politique, des avancées possibles sur l'accompagnement ? Vous avez parlé d'un accompagnement par des AESH à l'école, mais c'est des moyens humains et donc financiers. Est-ce qu'on a encore besoin de mobilisation pour avancer vers un meilleur traitement, un meilleur accompagnement ?


Effectivement, la plupart des familles qui ont des enfants avec TSA, vous diront qu'ils ont peu d'accompagnement. C'est un coût financier l'emploi des AESH. On entend régulièrement, au moment des rentrées scolaires, le cri de certaines familles disant, on avait la chance d'avoir un accompagnement pour mon enfant l'année dernière. Et cette année, on nous a dit, ce n'est pas possible, qu'est-ce qu'on fait ? L'enfant, on ne va pas lui dire, tu ne vas plus à l'école cette année, alors que l'année dernière, ça se passait très bien avec une personne qui l'accompagnait. Je pense qu'au niveau des enfants avec TSA, il y a encore effectivement du travail. L'État doit se mobiliser pour pouvoir accompagner chaque enfant qui présente des TSA. Et il faut vraiment informer les personnes et accompagner les adultes avec TSA. Et vous soulignez cette association, on a la même à Strasbourg, avec des adultes qui ont des TSA, alors qu'ils pensaient l'être sans trop savoir et qui après ont été diagnostiqués. Une personne qui avait passé les 40 ans m'a dit « je viens d'être diagnostiqué TSA ». Il y des ateliers, des journées d'information où on peut aller si on suspecte qu'on pourrait avoir des troubles du spectre de l'autisme.

Un enfant avec TSA deviendra un adulte avec TSA, avec d'autres contraintes, d'autres difficultés. La population est encore peu informée.

Comment mieux accompagner les adultes avec TSA ? C'est très important parce que sinon, ces personnes adultes sont en souffrance dans leur travail, vont changer plusieurs fois d'emploi parce qu'eux-mêmes ne savent pas exactement ce qu'ils ont, mais on leur dit qu'ils ne conviennent pas, qu'ils ne s'intègrent pas, que ça ne va pas, et ça génère de la souffrance au travail. Il faut vraiment mettre l'effort aussi sur les adultes avec TSA.


  • Dans le cadre des recherches que vous menez à l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire de Strasbourg, quel est votre quotidien aujourd'hui ? Quelles avancées sont imaginables dans les années ou les décennies à venir ? Est-ce qu'il y a des choses incroyables qui nous attendent ou qu'on peut espérer ?


Il y a beaucoup de maladies comme ça, maladies rares, maladies neurodéveloppementales, maladies génétiques. Il y a 30 ans, on disait que c'était incurable, que c'était trop tard, que c'était installé, qu'on ne pouvait rien faire. Aujourd'hui, notamment les personnes qui regardent régulièrement le Téléthon, voient qu'on est passé de « on cherche des aides » à « on parle de thérapie ». C'est quelque chose qui peut complètement s'adapter aux troubles neurodéveloppementaux. Malgré le fait que les réseaux neuronaux peuvent être altérés au cours du développement, on a maintenant la possibilité d'avoir des actions, même si, on va dire entre guillemets, le mal est déjà fait. Maintenant, on peut penser à des thérapies post-natales, donc après la naissance, pour améliorer les choses. Après,

le cerveau est un organe difficile à étudier, moins accessible que le cœur, le foie ou d'autres organes.

Donc ça prend un petit peu plus de temps. Et le cerveau est l'organe le plus complexe du corps. Donc ça rajoute de la complexité à nos travaux de recherche. Mais on peut vraiment penser que dans les années à venir, on va avoir des possibilités d'action thérapeutique sur certains aspects des troubles neurodéveloppementaux qui vont vraiment aider les gens. On espère faire une grande différence et il y a déjà des choses qui sont assez prometteuses en phase clinique et qui arrivent. Il faut rester positif.


  • Mais il me semble que le traitement par méthylphénidate a été autorisé pour les adultes seulement en 2021, vous confirmez ?


Oui.


  • On est quand même dans une sorte d'avancée.


Tout à fait. Après ce qu'il faut dans tout ce type d'approche, c'est effectivement réduire au maximum les effets secondaires s'il y en a. C'est un premier pas, mais il faut continuer nos efforts de recherche dans cette direction.


Poissons-zèbres (image originellement postée dans Flickr par Oregon State University at https://flickr.com/photos/33247428@N08/26436913602 sous licence cc-by-sa-2.0)
Poissons-zèbres (image originellement postée dans Flickr par Oregon State University at https://flickr.com/photos/33247428@N08/26436913602 sous licence cc-by-sa-2.0)

  • Vous nous avez parlé d'études sur des animaux.


On a des approches sur des poissons zèbres dans mon équipe. Ce sont des petits poissons que vous pouvez trouver dans les animaleries et jardineries. On pourrait penser qu'on est très éloigné d'un petit poisson qui fait quelques centimètres. Ce qu'il faut savoir, c'est que

les poissons zèbres partagent 70% de notre ADN et qu'on peut modéliser l'autisme dans ces petits poissons.

On peut tester des molécules, des drogues, pour voir si ça peut améliorer le comportement social des animaux. Et ça permet de faire des grandes avancées assez rapidement. Et puis on a tout un volet avec des organoïdes, donc des cerveaux dans des boîtes de pétri. À partir de cellules d'individus porteurs de TSA, on peut recréer un petit cerveau embryonnaire à partir de cellules de peau, par exemple, et mieux comprendre comment le cerveau va se former dans le contexte de la personne et potentiellement, à terme, faire de la médecine personnalisée avec ces modèles cellulaires, humains, du coup.


  • Quelles sont les drogues que vous obligez vos poissons zèbres à consommer ?


Ce ne sont pas les drogues comme on peut l'entendre, pas de cocaïne ou de choses comme ça. Ce sont des molécules qui vont rétablir la connectivité des neurones et rétablir une certaine organisation. Et si on compare au cœur, c'est beaucoup plus visuel, quand vous avez des anomalies de rythme cardiaque, on va vous donner une drogue pour calmer votre cœur et avoir des battements réguliers. Et là, c'est un peu l'idée qu'on a avec ces types de molécules, c'est en fait de resynchroniser tous les neurones qu'il y a dans le cerveau et calmer un peu les neurones excitateurs et avoir une balance excitation-inhibition dans le cerveau qui va permettre une meilleure cognition. On va avoir des effets positifs sur la capacité de ces petites larves de poissons zèbres à interagir avec leurs congénères et l'intérêt qu'ils ont pour eux d'être dans un groupe social. Ces petits poissons sont très sociaux.


  • Pour rester dans le sujet des drogues, est-ce que dans les TSA, il y a plus de cas de personnes dépendantes à des substances, à l'alcool, au cannabis, à la cocaïne ?


Je ne suis pas spécialiste de l'addiction, je ne veux pas m'avancer, je ne sais pas. Après, je sais que souvent ces personnes-là, si elles aiment quelque chose, elles vont en général y aller à 150%. Et c'est vrai qu'on peut avoir des effets un peu addictifs sur, par exemple des jeux de grattage ou des choses comme ça, où il peut y avoir une addiction qui se met en place. Par contre, tout ce qui est alcool ou drogue, je ne peux pas me prononcer là-dessus, ce n'est pas du tout mon domaine de recherche.


  • Est-ce que dans votre laboratoire, vous accueillez des stagiaires de troisième ? Souvent, les collégiens ont du mal à trouver une entreprise. Donc, si on vous envoie quelques jeunes, vous n'en voudrez à personne, j'espère ?


Non, pas du tout. Au contraire, c'est important et c'est quelque chose qui me tient à cœur d'accueillir les jeunes étudiants qui sont dans leurs premières années de cycle universitaire. Et dans ce cadre-là, les personnes dans mon équipe, qui préparent leur doctorat, vont dans les lycées, dans les collèges, qui sont autour d'Ilkirch, pour promouvoir les sciences et la recherche. Justement, on revient sur votre première question, sur les femmes en sciences, et de montrer que les femmes peuvent faire de la recherche. Mais c'est bon pour tout le monde, promouvoir les sciences pour les collégiens et les lycéens, et donc c'est aussi une opportunité pour les jeunes de venir dans un centre de recherche et de voir concrètement la vie d'un laboratoire, qu'est-ce qui se passe, et qu'est-ce qu'on y fait. Donc on accueille régulièrement des collégiens à l'institut IGBMC.

Toutes les personnes qui nous écoutent et qui veulent faire un stage à l'IGBMC, n'hésitez pas à envoyer votre candidature.

Et en général, ils auront l'opportunité de voir plein de laboratoires, plein de sujets de recherche qui vont de la génétique au cancer, à l'immunologie. Les grands thèmes de recherche sont à l'Institut, on a cette chance. Il ne faut pas hésiter. Et on est très présents aussi à l'extérieur pour promouvoir les sciences à tous points de vue, à différentes étapes, de l'enfant jusqu'à l'adolescent et au jeune adulte pendant ses activités universitaires, pour promouvoir la recherche.


Le goût des merveilles. Ciné-rencontre mardi 10 mars 2026 à 18h au cinéma Bel Air à Mulhouse. Projection suivie d'une rencontre avec Christelle Golzio et des bénéficiaires des Ateliers Sinclair.
Le goût des merveilles. Ciné-rencontre mardi 10 mars 2026 à 18h au cinéma Bel Air à Mulhouse. Projection suivie d'une rencontre avec Christelle Golzio et des bénéficiaires des Ateliers Sinclair.

  • Une opportunité pour vous rencontrer, Christelle Golzio, c'est mardi 10 mars 2026 au cinéma Bel Air, à Mulhouse. À 18h, la projection du film "Le Goût des Merveilles", avec Virginie Effira et Benjamin Lavernhe, suivie d'une rencontre avec vous-même. On pourra vous poser toutes les questions qui nous traverseront l'esprit. C'est dans le cadre de « À votre santé » , le mois de la santé et de la recherche médicale en Alsace et dans le Grand Est, organisé par l'Inserm Est et la Nef des sciences à Mulhouse. C'est tout gratuit. C'est vraiment une merveilleuse occasion de rencontrer des scientifiques, d'échanger, de découvrir, d'apprendre avec plaisir. Est-ce que vous participez souvent à ce genre d'opération, de rencontre avec le public ?


C'est très important en tant que chercheur de pouvoir interagir avec le grand public et d'expliquer ce qu'on fait pour eux, pour leur santé et de démystifier un peu les chercheurs.

On ne sait pas ce qu'ils font. Expliquer nos recherches, à quel point tous les chercheurs contribuent à une meilleure santé de la population française et mondiale. C'est très important que les chercheurs soient capables de sortir de leur laboratoire et de communiquer sur les recherches en cours.


  • Oui, nous nous réjouissons de pouvoir vous rencontrer, d'échanger et de faire participer. le public, d'offrir aux mulhousiens et aux mulhousiennes la possibilité de vous rencontrer et d'apprendre, de savoir plus sur les troubles du spectre de l'autisme et d'autres recherches que vous pouvez mener. D'ailleurs, vous avez évoqué 1-2% de la population mondiale et vous avez évoqué une maladie rare, mais les troubles du spectre de l'autisme sont une maladie rare ?


Alors non. Dans mon laboratoire, on travaille aussi sur d'autres maladies génétiques qui sont cette fois-ci rares, avec vraiment une naissance sur 10 000, sur 100 000, etc. Donc les troubles du spectre de l'autisme sont maintenant une maladie commune, on va dire. Plus on diagnostique, plus on se rend compte que c'est une maladie qui est commune et qui n'est plus considérée comme une maladie rare.


  • Avez-vous un dernier message à partager avec nos auditeurs ?


Je peux juste proposer à toutes les personnes qui sont intéressées par la science et la recherche à venir nous rencontrer, venir discuter avec nous. Il n'y a pas de questions bêtes, il faut les poser et ça permet notamment pour les troubles du spectre de l'autisme de casser les idées reçues et d'avoir les bonnes informations des chercheurs qui sont spécialisés dans le domaine. Si vous avez des questions sur l'autisme, n'hésitez pas à venir nous voir le 10 mars au Bel Air.


  • Merci beaucoup Christelle Golgio. Je rappelle que vous êtes chercheuse Inserm à l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire au CNRS à l'Université de Strasbourg et qu'on peut vous rencontrer le mardi 10 mars à partir de 18h au cinéma Bel Air à Mulhouse. La projection du film "Le goût des merveilles" avec Virginie Efira sera suivi d'une rencontre avec vous-même, Christelle Golzio, et les bénéficiaires de l'association Les Ateliers Sinclair. Merci beaucoup de nous avoir accordé votre temps. Merci à vous. Merci Antoine, rendez-vous le 10 mars à Mulhouse.



À votre santé, le mois de la santé et de la recherche médicale en mars 2026, en Alsace et dans le Grand-Pex. Plus de 20 événements. Tous gratuits, pour toutes et tous. Proposé par la Nef des sciences et l'Inserm Est. Jeux, visites, conférences, expositions, ciné-débats. Retrouvez le programme complet sur le site de la Nef des sciences. A votre santé ! Du 1er au 31 mars 2026 en Alsace et dans le Grand Est.

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