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Véronique Mateus, directrice du Moulin Nature : l'interview

Rencontre avec Véronique Mateus, directrice du Moulin Nature depuis 2018. Portrait d'une femme de terrain issue de l'éducation populaire, qui pilote aujourd'hui la stratégie de ce Centre d'Initiation à la Nature et à l'Environnement (CINE). Transcription d'un entretien audio à écouter en podcast.


Vous pouvez également lire le portrait de Véronique Mateus paru dans le JDS d'avril 2026 :

Bienvenue au Moulin Nature à Lutterbach le 7 janvier 2026. Pour ce nouvel épisode de Radio WNE, nous recevons celle qui tient la barre de l'association : Véronique Mateus. Autour de la table, trois voix l'interrogent : Lou, Léa et Léonore (à la technique), toutes trois en formation à l'école "Être" pour construire leur propre projet professionnel.




  • Qui êtes-vous ?


Je m'appelle Véronique et je tiens les rênes du Moulin Nature en tant que directrice depuis juin 2018. Âgée de 52 ans et maman de trois enfants, je suis fièrement installée à Mulhouse. Aujourd'hui, c'est un véritable bonheur pour moi de piloter cette association : une structure vivante, riche de plus de vingt ans d'histoire, qui n'a cessé d'évoluer pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui.


  • Quel est votre parcours ?

Mon parcours a débuté comme animatrice pendant de nombreuses années dans un centre social. J'étais animatrice pour des enfants et des jeunes, puis responsable d'un secteur jeune. Je suis un pur produit de l'éducation populaire : j'étais moi-même enfant et jeune dans ce centre social.


En parallèle, j'ai fait des études de sociologie et d'anthropologie. J'ai passé mes diplômes, comme le BAFA, le BAFD et une partie du DEFA qui était le diplôme pour devenir directeur d'association. À 29 ans, j'ai passé le concours de la fonction publique de conseillère d'éducation populaire et de jeunesse.

Après avoir vécu à Rouen et à Lyon, j'ai été mutée en Alsace, à Colmar, il y a 22 ans. J'ai travaillé sur tout le département du Haut-Rhin pour accompagner les associations à se développer et à proposer des actions de qualité pour les enfants, les jeunes et les adultes. C’est d'ailleurs comme ça que j’ai rencontré Jean-Luc Wertenschlag, car je trouvais très intéressant de développer des ateliers radio avec les jeunes sur le territoire mulhousien.

J'ai fait cela pendant 15 ans. Après une parenthèse en Corse dans une association culturelle de théâtre, je suis revenue et j'ai eu l'opportunité de devenir directrice du Moulin Nature.

  • Comment vous est venue l'idée ou en tout cas la motivation d'être directrice du Moulin Nature ?


Mon moteur, c’est avant tout l’envie d’agir. Comme nous l'évoquions, il est essentiel pour moi que chaque projet ait du sens. Mon plaisir réside dans la construction de ces initiatives et dans la recherche de moyens pour que l'équipe puisse mener des actions de qualité, avec un véritable impact sur le public.


Mon parcours est un processus de maturation. J’ai débuté sur le terrain dans l’animation, avant de rejoindre Jeunesse et Sports. Là-bas, mon rôle consistait à accompagner les associations et à financer leurs projets. J’avais pris de la hauteur, mais le lien direct avec le terrain a fini par me manquer.

Aujourd’hui, en tant que directrice, j’ai la chance de concilier ces deux mondes. J'aime accompagner mon équipe et voir les collaborateurs grandir ; certains ont pris davantage de responsabilités depuis sept ou huit ans que nous travaillons ensemble. C’est un poste passionnant où se mêlent la réalité du terrain, la recherche de financements et la vision stratégique.


  •  Nous avons vu qu'il existe d'autres structures proches du Moulin Nature, comme la Maison de la Nature. Existe-t-il un lien entre vos deux associations ? Avez-vous des projets ou des objectifs en commun ?


Si vous parlez de la Maison de la Nature du Ried, je rencontre régulièrement sa directrice, Peggy Wolf. Nous nous voyons au moins une fois par mois car nous faisons partie d’un même réseau : l’Ariena.

Nous sommes dix structures en Alsace à posséder le même label, celui de Centre d’initiation à la nature et à l’environnement (CINE). Concrètement, nous échangeons nos astuces et nos difficultés. Nous partageons aussi nos compétences : par exemple, Frédéric, qui s'occupe de la grimpe d'arbres chez nous, va animer une semaine d'ateliers pour les enfants de la Maison de la Nature du Ried.


  •  Quelles sont vos actions au sein des quartiers prioritaires ?


Nous y allons car nous voulons que nos actions bénéficient aux personnes qui vivent dans ces quartiers. Nous sommes persuadés que la nature et la pédagogie sont bénéfiques : cela aide à mieux réussir à l'école, à prendre du recul sur ses problèmes et à trouver des solutions pour l'alimentation ou la santé.

Concrètement, nous avons deux terrains d'aventure : un sur le quartier Vauban-Neppert et un sur les Coteaux. Nous y proposons de la sensibilisation sur l'alimentation et du loisir éducatif en plein air pour sortir les enfants des écrans (bricolage, vélo, sport de nature).


  • L'implantation de la prison a-t-elle soulevé des inquiétudes ou des appréhensions chez les parents et les bénévoles ?


 Au moment de la décision de construire, les bénévoles se sont battus, non pas à cause des prisonniers, mais parce qu'on allait bétonner un terrain naturel avec des fleurs rares alors qu'il existait des friches industrielles ailleurs.

Depuis que la prison est là, nous travaillons avec eux et je ne vois pas d'impact négatif. Nos accueils de loisirs sont toujours complets. Le seul impact, ce sont parfois des livraisons par drones la nuit. Mais comme il n'y a pas d'enfants à cette heure-là, cela n'impacte que les blaireaux qui voient passer les pilotes de drones !


  • Quels sont vos soutiens financiers et vos subventions ?


Nous avons un partenariat historique avec m2A, la CEA (collectivité européenne d'Alsace), la Région Grand Est et l'Agence de l'eau. Nous fonctionnons aussi par projets avec la CAF et l'État (politique de la ville), ainsi qu'avec du mécénat. L'enjeu en 2026 est de stabiliser des subventions de fonctionnement, car dépendre uniquement de projets nous fragilise.


  • Avez-vous d'autres projets en cours, par exemple avec les maisons de la nature ?


Un nouveau projet innovant démarre en 2026 : un accompagnement pour les associations de loisirs afin de les inciter à mettre plus les enfants dehors. Ce projet, soutenu par l'INJEP, dure trois ans pour donner envie aux directeurs de structures de se lancer dans l'aventure des terrains d'aventure.


  • Et au sein même du Moulin Nature, quels sont les projets pour 2026 et les années à venir ?


 Un gros projet débute : nous menons une enquête pour obtenir l'agrément "centre social". Nous espérons avoir notre diagnostic et nos objectifs fixés d'ici juin pour les quatre ans à venir.


  • Merci pour toutes ces réponses intéressantes. Nous rappelons que vous êtes la directrice du Moulin Nature, ce n'est pas rien.


Et une femme en plus ! Merci à vous, les questions étaient très pertinentes.



Merci à l'équipe des présentatrices : Léa, Léonore et moi-même. Merci également à ceux qui sont en arrière-plan : Kylian, Nicolas, Férouz, François et Ophélie pour leur présence et leur bonne humeur.









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