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Annouar Sassi, tête de liste "Nous sommes Mulhouse"

Transcription d'un entretien audio enregistré le 9 mars 2026 à écouter en podcast.



  • Nous sommes le lundi 9 mars 2026. Radio WNE surfe sur les élections municipales de Mulhouse. Dans une semaine, c'est le premier tour, le dimanche 15 mars. Et on reçoit Annouar Sassi tête de liste "Nous sommes Mulhouse". Bonjour.


Bonjour Jean-Luc. Bonjour radio WNE.


  • On va décliner le programme de cette liste. Mais commençons simplement : qui es-tu ? D'où viens-tu ? Que fais-tu ?


Avec grand plaisir. J'ai 44 ans, je suis né à Mulhouse. Mon premier quartier, c'est la Fonderie. À l'époque on l'appelait rue du manège. Puis à l'âge de 4 ans, on a déménagé au quartier Wagner où j'ai vécu jusqu'à 11 ans. Ensuite le quartier des Coteaux où j'ai encore mes attaches aujourd'hui. Mulhousien dans l'âme, mulhousien de mon histoire, de mon parcours. J'ai fait le collège Jean Macé, le collège Wolf, l'école Wagner, le lycée Charles Stoessel. Donc je suis issu de l'enseignement professionnel. Immédiatement après, j'ai quand même fait des études plutôt universitaires, licence en droit, master en ressources humaines. Ce qui m'a poussé à avoir la carrière que j'ai depuis près de 20 ans, responsable des ressources humaines plutôt dans le secteur privé. D'abord dans l'industrie et aujourd'hui dans la grande distribution spécialisée. Engagé dans le tissu associatif depuis 27 ans maintenant. J'ai d'ailleurs été lauréat du trophée des jeunes à deux reprises, ce qui est assez rare, sur deux engagements différents. Conseiller municipal depuis 6 ans, engagé au sein du collectif Ouvrons les portes depuis 2 ans, et depuis 4 mois en campagne pour être le prochain maire de la ville.



  • Revenons sur ce parcours. Alors, même si j'imagine que tu l'as déjà expliqué 162 fois, tu es donc élu conseiller municipal en 2020 sur la liste Lara Million, qui a rassemblé plein de gens complètement différents. Cléo Schweitzer actuelle numéro 2 de la liste Minery, union de la gauche et des écolos, toi qui monte cette liste "Nous sommes Mulhouse" aujourd'hui et puis d'autres qui sont partis ailleurs. Quel est ce parcours politique ? Lara Million est de droite, elle est aujourd'hui présidente de Renaissance Haut-Rhin et en 2020, elle était déjà macroniste. En tout cas, elle n'était pas à gauche, c'est sûr. Mais avant 2020, c'est quoi tes débuts en politique ? Qu'est-ce qui t'a motivé peut-être avant de suivre Lara Million ?


Bien sûr. Alors quand quand on parle de politique, notamment à l'échelle locale, il faut bien garder à l'esprit que j'avais surtout la volonté de m'engager sur des choses extrêmement concrètes qui font le quotidien des Mulhousiens et des Mulhousiennes. La politique, ce n'est pas mon monde, ce n'est pas de là que je viens. Je n'ai pas d'antécédents dans ma famille, je n'ai pas des parents engagés au parti communiste depuis 1968. C'est vraiment quelque chose que j'ai découvert sur le tard. Je viens plutôt du monde associatif. Le monde associatif, c'est ce que j'appelle #les faiseurs, ceux qui font au quotidien, qui ne demandent rien à personne, qui souvent font avec des bouts de ficelles et essayent d'améliorer la situation sur une thématique précise, le sport, la culture, l'aide au devoir, peu importe, mais qui essaient de faire des choses souvent avec peu de moyens. En 2014, j'ai été approché par la liste de Jean Rottner pour l'élection municipale. Humainement, c'est plutôt des gens sympathiques. Je ne veux pas dire du mal de ces gens-là, juste pour le plaisir de dire du mal, mais je n'y avais pas trouvé de sens à ce moment-là. Donc, j'ai décliné poliment et je ne regrette pas d'ailleurs, parce que je ne m'y retrouvais pas politiquement.


  • Alors, Jean Rottner, tu as le droit de le trouver très sympathique, rappelons quand même que pendant sa campagne électorale 2014, il a promis d'être maire à 100 % et au final il a été maire à 0 % puisqu'il est devenu président du conseil régional Grand Est. Alors qu'il a lutté contre la création de cette région Grand Est. Mais poursuivons...


Alors pour ça, il faut lui poser la question. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles je n'ai pas été sur sa liste, parce que je n'avais pas forcément de lisibilité politique et je ne comprenais pas le sens de la proposition qui m'était faite. Simplement, je suis resté observateur de la vie publique. En 2016, un mouvement se crée, En Marche, avec l'ancien ministre des finances d'un gouvernement de gauche, d'un président de gauche qui s'appelle François Hollande. Ça plaît ou pas, c'est juste la vérité.

La gauche, c'est aussi bien Olivier Besancenot que Raphaël Glucksmann comme on a pu le voir au Nouveau Front Populaire lors des dernières législatives.

Tous ces gens-là sont capables de se dire, quelles que soient nos divergences, nous faisons partie d'une même grande famille. Et qu'on le veuille ou non - parce qu'aujourd'hui on essaie de réécrire l'histoire en présentant les choses de manière un peu différente. Emmanuel Macron en 2015 est issu d'un gouvernement de gauche. Ça plaît, ça ne plaît pas, c'est la même affaire, il est issu d'un gouvernement de gauche. Il crée un mouvement qui est plutôt un mouvement de socio-démocrate, un mouvement socio-libéral je dirais même. Dans lequel des gars comme Strauss-Kahn, comme Moscovici auraient pu se retrouver. Donc on n'est clairement pas à droite. À ce moment-là, je m'intéresse à ce mouvement-là. Je m'engage, je dirais assez modestement, mais je m'engage et publiquement. Je ne renie pas mes engagements. Le président est élu. Je suis observateur de loin. Une fois qu'un président est élu, il ne vous appelle pas pour vous demander votre avis tous les 15 jours. En 2018, il y a le fameux sujet des gilets jaunes et je trouve que la façon dont ça a été traité est juste catastrophique. Ça me touche au plus profond de mon être pour une raison extrêmement simple, c'est que je me reconnais dans les classes populaires, dans la classe ouvrière, dans tout ce que j'appelle les opprimés, les gens, les précaires, la France des travailleurs. Et je me dis à ce moment-là, peu importe les modalités, ces gens-là ne demandaient pas grand-chose, ils disaient "On veut manger correctement, on veut que nos familles soient dans de bonnes conditions du quotidien, de transport, de santé". La façon dont ça avait été traité est pour moi assez violente, elle a marqué nos ruptures publiques. C'est très facile, c'est vérifiable sur les réseaux sociaux. Donc je prends mes distances, je m'éloigne de la macronie de manière générale. Mais pour certaines personnes, ça reste une sorte de tatouage sur la figure qu'on ne veut pas enlever. Tu me poses la question, je t'en parle, je ne serais pas nécessairement revenu dessus. Je continue à être observateur de la vie publique et toujours dans le monde associatif de manière très forte. En 2020, des personnes rencontrées tout au long de mon parcours, que ça soit dans En Marche, que ça soit au Parti socialiste, que ça soit des indépendants, me proposent de rejoindre les élections municipales. À gauche, il n'y a pas vraiment de proposition pour une raison très simple. Je pense que des gens comme moi, on n'a pas forcément envie de leur faire une grande accolade, parce que j'ai un tempérament fort, j'ai une personnalité très affirmée et je le dis comme je le pense, il y a encore des habitudes qu'on a du mal à à dépasser. Pour tracter, pour afficher, il y a pas de problème. Mais pour être assis à la haute table, comme dirait John Wick, c'est un peu plus compliqué. Donc ça ne se fait pas. De toute façon, je n'y avais pas ma place. Les relations sont respectueuses et c'est très bien comme ça. Et puis Lara Million part sur une aventure un peu solitaire et me dit "Voilà, moi je fais un large rassemblement dans lequel nous avons l'investiture du Parti socialiste". Faut quand même qu'on se dise les choses. C'est pas la peine de se dire "Oui, mais c'était la Macronie". Non, il y avait le mouvement écologiste indépendant, il y avait le Modem, il y avait encore En Marche qui avait donné son investiture, donc c'était un large rassemblement. Il y avait des personnes issues de la société civile, ce qui était mon cas, qui avaient rejoint cette liste là. La liste n'a pas gagné. La suite, on la connaît. Lara Million a rapidement quitté le conseil municipal. Ce que je regrette très sincèrement pour une raison simple, quand on prend un engagement, il faut le tenir. Elle a considéré qu'il fallait mieux s'engager au niveau du département et de la région, c'est son choix. Je n'ai pas de commentaire à faire sur ça. Et puis j'ai fait 6 ans au conseil municipal. Et il y a une chose dont je peux être fier, c'est que

je n'ai jamais trahi les miens, les classes populaires, la classe ouvrière, les travailleurs, les classes moyennes, le monde associatif,

c'est ce Mulhouse qui est largement majoritaire et que personne ne représente. Voilà. Donc que ça soit sur les thématiques du sport, de l'éducation, de l'action sociale, ces 6 ans ont été utiles, 6 ans pendant lesquels j'ai pris le temps d'apprendre, de comprendre les mécanismes d'une municipalité parce qu'on ne s'improvise pas élu. Et puis il y a 2 ans, on a on a créé le fameux mouvement Ouvrons les portes sur lequel on reviendra très certainement.


  • Mais est-ce que ça sert à quelque chose être dans l'opposition au conseil municipal ? Il n'y a aucun pouvoir, aucun budget. Si la majorité n'a pas envie de travailler avec toi, est-ce utile ? À quoi ont servi ces 6 ans d'opposition au conseil municipal ?


On a la chance d'être dans une démocratie, n'en déplaise à certains. Et la démocratie, ce n'est pas la dictature, "j'ai gagné, je fais ce que je veux". Il y a des pouvoirs, des contrepouvoirs. Il y a le monde associatif, le monde syndical, le monde des copropriétés, il y a tout ce qu'on appelle les corps constitués, les corps intermédiaires. Et heureusement que ça sert d'être dans l'opposition, sinon ça serait une catastrophe. Tu crées des rapports de force, tu mets en lumière des sujets que personne ne met en lumière, tu as des représentations. Notamment pour ma part, j'étais au sein de l'Agence de la participation citoyenne, au sein du CCAS, centre communal d'action sociale, que je salue d'ailleurs parce que c'est vraiment une équipe ouverte. C'est l'émanation indépendante mais issue de la municipalité qui doit gérer l'action sociale sur une ville. C'est une obligation légale mais qui n'a été mis en place que en 2023- 2024 il me semble. Donc je suis administrateur du CCAS. Mon parcours est cohérent. Être dans l'opposition, il y a deux façons de le vivre. Soit tu le vis comme un roi paresseux, donc tu as ton indemnité d'élu, c'est pas grand-chose, c'est 200 et quelques euros par mois mais ça reste de l'argent public. Soit tu t'engages et tu fais vivre ton mandat parce qu'il y a quand même des gens qui t'ont fait confiance, qui ont porté leur voix sur toi et tu te dois d'être leur porte-voix, leur porte-parole au sein du conseil municipal. Pour ma part, ces 6 années au sein de l'opposition ont été productives. J'ai obtenu des résultats. J'ai maintenu la pression concernant des infrastructures publiques, des city stades, sur le quartier Wagner, sur le quartier Drouot également, la rénovation du stade Bruno Barina aux Coteaux. Alors, c'est sûr que c'était quelque chose qui était planifié, mais c'était planifié depuis 20 ans. Et tant que tu n'as pas la pression nécessaire, tu reportes toujours à l'année d'après. Aujourd'hui, le chantier a commencé. Bien évidemment, le mérite ne me revient pas, mais tu peux, dans une opposition saine, dans une démocratie qui se respecte, pouvoir faire valoir un point de vue et celui des gens qui t'ont fait confiance notamment.



  • Et donc "Ouvrons les portes", au départ un mouvement citoyen, avec qui ? Comment ? Pourquoi lancer ça alors que il y a déjà plein de choses qui existent dans cette ville ?


C'est vrai, ça serait injuste et assez prétentieux de dire qu'il n'y a pas plein de choses, mais il n'y a pas l'équivalent d'Ouvrons les portes. Ouvrons les portes, c'est toutes ces classes populaires, ces classes ouvrières, ces classes moyennes, ces responsables associatifs, ces sportifs de haut niveau, ces citoyens engagés, qui font le Mulhouse du quotidien. Tous ne sont pas avec nous, mais beaucoup sont avec nous, qui ont décidé à un moment de se dire "On va se retrouver volontairement". Chacun a le droit d'avoir des ambitions personnelles et c'est respectable mais collectivement on n'en parle pas. Et notre démarche a été de dire chaque mois on va aller dans un quartier, on va aller à la rencontre des Mulhousiennes, des Mulhousiens et on va évoquer avec eux une thématique. Et compte tenu de notre ancrage local, c'est vraiment la prétention qu'on a. On le clame haut et fort, on va pouvoir mobiliser des gens et se retrouver pour discuter. Au départ, les gens nous ont regardé un peu bizarrement en se disant "C'est quoi ? Est-ce que c'est un parti politique ? Est-ce que c'est une association ? C'est un thing tank local ?" On a dit, c'est juste un mouvement citoyen. On a juste envie de se retrouver, discuter ensemble sur des thématiques spécifiques. Et pendant un peu plus d'un an, ça a été une expérience incroyable. On a créé quelque chose. Je reçois régulièrement des messages d'autres militants associatifs, d'autres militants politiques que je ne connais parfois même pas et qui nous disent "On observe ce que vous faites et pour nous c'est inspirant." Un an et demi à la rencontre des Mulhousiennes et des Mulhousiens, avec parfois des choses très spectaculaires avec 500 personnes, un ancien premier ministre et des fois des choses très confidentielles, 20 personnes dans une salle et on discute d'une thématique et c'est très bien. Pour nous, il n'y en a pas un qui valait plus que l'autre, c'était des formats différents et ça nous allait bien. Au global, on a vu entre 1500 et 1800 personnes. Ça reste une vraie fierté. On a établi un livre blanc qu'on a appelé Vision 2040. C'est la promesse qu'on a faite à une petite fille qui nous a accompagné durant tout ce temps-là, c'est de lui dire voilà le monde qu'on promet dans 15 ans à Mulhouse. Et puis on a fait la restitution le 18 juin dernier. C'est un trait d'humour, on a fait "l'appel du 18 juin". On s'est laissé l'été pour réfléchir. Ça nous a permis aussi de continuer à affiner notre proposition. Et le 13 novembre dernier, on a décidé et on a présenté officiellement notre candidature à l'élection du prochain maire de la ville de Mulhouse. Je dis "notre" parce que la démarche est vraiment collective.


  • Mais avant, il y avait quand même une proximité avec Bruno Fuchs, qui est député moitié de Mulhouse, moitié autour de Mulhouse, député Modem. Et qui est proche de toi ? Avec qui tu travailles ? Et Dominique de Villepin n'est pas non plus un dangereux gauchiste, puisque c'est le premier ministre que tu évoques qui a été invité par Ouvrons les portes. Vous avez rempli le plus grand amphi de l'UHA. Donc il y a encore cette proximité à droite me semble-t-il.


Alors deux choses à tous les candidats, si vous n'avez pas envie de vous faire bousculer par quelqu'un, ne venez pas. Jean-Luc Wertenchlag va vous poser tous les dossiers, tous les trucs qui vont vous embêter. Je vous le dis avec bienveillance. Alors concernant Bruno Fuchs, je vais être extrêmement clair. Je pense que dans la vie, on ne rencontre pas souvent des hommes comme lui. Bruno Fuchs fait partie des rares personnes avec qui vous n'avez pas besoin d'être d'accord pour vous entendre. Et j'irai même plus loin, c'est quelqu'un qui vous force, ou en tout cas qui vous pousse à ne pas être d'accord avec lui et qui respecte profondément la divergence. Au-delà de toutes les divergences politiques qu'on a pu avoir, et Dieu sait qu'on a eu des divergences profondes, j'ai eu l'occasion de discuter avec lui en aparté, et je pense très sincèrement que c'est un homme d'une honnêteté intellectuelle et d'une probité sur la chose publique comme on rencontre rarement dans une vie. Et il ne va pas venir brider vos rêves, vos ambitions, vos utopies. Il vous dit "OK, je ne vois pas tout à fait les choses comme ça, mais vas-y fonce. Je pense que c'est une idée qui mérite d'être creusée et qui mérite d'être faite".

S'il y avait plus de Bruno Fuchs aujourd'hui en France, je pense que notre société irait beaucoup mieux,

parce que quand on s'entend avec lui, on peut avancer très vite. Et quand on ne s'entend pas, on sait que c'est un désaccord profondément respectueux. Je vais utiliser un terme que beaucoup utilisent de manière galvaudée, il est profondément républicain. Il est facile de travailler avec lui, il est facile d'avoir des désaccords et je vais aller encore plus loin humainement parlant. C'est vraiment un chic type, il est vraiment sympa. Je ne sais pas si tu as déjà eu l'occasion de discuter avec lui, je t'incite à le faire. Il a une forme d'élégance comme on en retrouve plus aujourd'hui dans notre monde. Donc, je suis très à l'aise pour dire qu'avec lui, j'ai des gros désaccords. On a des des désaccords politiques. Je ne lui dis pas tout le temps, parce que je ne vais pas venir lui pourrir la vie à chaque fois qu'il prend la parole et que je ne suis pas d'accord avec lui. Mais de temps en temps, ça arrive qu'on se le dise. Je souhaite à tout le monde d'avoir un Bruno Fuchs dans sa vie. Comme ça les choses sont dites.


  • Est-ce que c'est un soutien de la liste Nous sommes Mulhouse ?


Non, ça ne l'intéresse pas.


  • Parce que Frédéric Bierry, président du la collectivité européenne d'Alsace soutient la liste de Lara Million et que le président de la région Grand Est soutient la liste de Michèle Lutz ?


C'est un poids d'avoir des soutiens politiques. Mais après, il faut aussi être cohérent. Aujourd'hui, Bruno est engagé dans un parti politique, dans une majorité politique. À un moment, il faut savoir acter des désaccords et je pense que ce qui nous manque le plus aujourd'hui en France, c'est savoir respecter nos désaccords. En Suisse, on sait très bien faire ça. On n'est pas d'accord, ce n'est pas la fin du monde. On essaie de trouver des consensus. Aujourd'hui, Bruno Fuchs a une trajectoire politique qui est pas tout à fait la mienne. On a des options politiques qui ne sont pas tout à fait les mêmes. Et même en disant ça, je me demande parfois à l'échelle locale, quelle seraient nos divergences, parce que c'est quelqu'un qui est plutôt issu de ce qu'on appelle la social-démocratie. Ce n'est pas non plus un dangereux extrémiste de droite. Il faut quand même qu'on se dise les choses. Parce que parfois on laisse sous-entendre des choses qui peuvent donner l'impression qu'on a affaire à quelqu'un de radical ou de la droite extrême, ce qui n'est absolument pas le cas. Donc il fait son chemin politique. Je fais le mien. Il y a des gens d'autres listes avec qui j'ai des rapports extrêmement cordiaux, voire amicaux, mais on n'est pas d'accord. Franchement ce n'est pas la fin du monde. Ce qui est problématique au 21e siècle, ce n'est pas d'avoir des amis avec qui on n'est pas d'accord, c'est d'avoir parfois des adversaires, parfois même des amis qui n'acceptent pas la divergence. C'est quand même beaucoup plus problématique. Voilà, ça c'est plus complexe.


  • En tout cas, pour en terminer avec Bruno Fuchs, il a quitté Mulhouse. Sa permanence a disparu de Mulhouse. Il s'est installé ailleurs. On n'a plus aucun député qui a une permanence à Mulhouse.


Mais j'ai cru comprendre que tu te présentais aux prochaines législatives cher Jean-Luc ?


  • C'était il y a 20 ans que je me suis présenté aux législatives. Et peut-être dans 20 ans...


Ça serait bien qu'on ait un député à Mulhouse dans 20 ans...


  • Mais donc voilà, le 13 novembre 2025, c'était le lancement de la liste "Nous sommes Mulhouse". Mais pourquoi avoir lancé cette liste ? Il y a il y a un total de 11 listes candidates. Il n'y avait personne à gauche, à droite, au centre, au centre droit, au centre gauche, où tu veux qui était suffisamment proche de toi pour monter une liste ensemble parmi les autres candidats.


Vive la République, vive la démocratie. Tant mieux s'il y a 11 listes. Je préfère qu'il y ait 11 listes qui s'affrontent sur le terrain démocratique, dans les urnes, plutôt que d'avoir 11 gangs qui s'affrontent dans la rue. Ce n'est pas un problème du tout. Et aucun de nos concitoyens ne pourra dire qu'il n'avait pas le choix. 11 listes, c'est très bien. Au premier tour, on choisit et au second tour, on élimine. Et c'est très bien comme ça. Aucun problème avec ça. Maintenant, sur les alliances possibles, il y a des personnes avec qui on aurait pu éventuellement travailler. Mais travailler, ça signifie quoi ? C'est à dire qu'il faut un corpus intellectuel, un corpus politique sur lequel on puisse se mettre d'accord. Je pense que c'est quelque chose qu'on aurait pu avoir avec plusieurs listes.

La politique, ce n'est pas qu'une question de contenu sinon chat GPT serait président de la République.

C'est aussi des rencontres, des histoires de personnes et parfois il y a des gens qui ont encore des vieux logiciels. Les peaux de banane, les boules puantes, ça existe encore chez certaines personnes. Et la gestion des égos n'est pas toujours simple. Je ne vais pas donner de nom parce que je ne suis pas là pour pour cracher sur les uns ou les autres, mais il y a un peu plus d'un an et demi maintenant, on a rencontré plusieurs listes actuellement candidates. Et notre proposition était extrêmement simple, et je la maintiens, c'était de dire est-ce qu'on peut discuter sur la base de relations respectueuses d'égal à égal et sans préalable ? Cette condition qui peut paraître extrêmement modeste était inacceptable pour certaines personnes. Ça voulait dire qu'on était prêt nous à accepter l'idée que la tête de liste ne soit pas forcément issue de notre mouvement. On est tous des êtres humains faits de chair, de sang, d'intellect, deux bras, deux jambes, une tête à peu près bien faite. Et si un moment on n'arrive pas à s'entendre, ce n'est pas la fin du monde. On peut au moins essayer de se respecter, faire le maximum pour ça. Voilà.


  • Donc tous les autres sont des méchants si j'ai bien compris ?


Non. Il y a des gens avec qui on n'arrive pas à travailler, avec qui on n'a pas vocation à travailler. Il y a des gens avec qui il y a des histoires personnelles, pas avec moi bien évidemment, mais qui sont tellement lourdes qu'ils n'arrivent pas à avoir une autre option que leur plan initial. Il y a d'autres personnes pour qui "je milite pour mon parti avant ma ville". On n'a absolument aucun problème à perdre, pour nous ce n'est pas un problème. Tant que les choses se font proprement, dignement, dans le respect des règles et des personnes, de manière républicaine et je dirais presque fraternelle. Parce que c'est quand même la devise sur le fronton de nos mairies. On n'a pas de problème à perdre mais par contre il y a une chose qu'on fera, on se battra jusqu'au bout. On n'arrêtera pas de se battre, jusqu'à la dernière seconde.


  • Le 13 novembre 2025, c'est le lancement de la liste "Nous sommes Mulhouse" à la MCP Cité, la maison de la culture populaire de la cité. Et je dois reconnaître que c'était vraiment une soirée incroyable, parce que mobiliser des centaines de jeunes pour un meeting politique à Mulhouse, en plus pour beaucoup issus des quartiers populaires, je n'avais jamais vu ça. C'était vraiment un grand moment et un show tout à fait intéressant. Et c'est quoi cette liste ? C'est qui cette liste ? Qui sont ces 55 personnes plus 2 suppléants ?


Alors c'est marrant parce que la presse avait dit "c'est un show à l'américaine". Mais ce n'était pas un show à l'américaine, c'était juste une rencontre festive. Nos vies sont suffisamment compliquées pour ne pas avoir à souffrir et à pleurer en permanence. C'était le postulat de départ. Et donc on s'est dit une fois qu'on a fait cette proposition politique, on a dessiné les grandes lignes de notre programme, le jour où on fera ce lancement de campagne, on va travailler avec les gens qui ont besoin d'être représentés, ceux qu'on n'entend jamais. Et lorsqu'on le fera, on leur dira "On est heureux d'être ensemble." Et vous savez quoi ?

On n'est pas condamné à être triste toute notre vie.

Donc on va le faire de manière festive. Et c'est tout ce qu'on a fait. On n'a rien fait d'autre. Certains qui n'avaient jamais vu ça ont dit "C'est un show à l'américaine." D'autres ont dit "Ben, il y avait beaucoup de jeunes." Oui, les jeunes croient en nous. On a redonné de l'espoir à des gens qui avaient totalement perdu confiance dans la chose publique. Donc pour nous, c'est une très grande fierté. Effectivement, il y avait beaucoup de jeunes issus des quartiers. Mais à Mulhouse, ça signifie quoi être issu des quartiers ? Ça n'a absolument aucun sens. Sur 18 secteurs à Mulhouse, il y en a 17 qui sont classés en politique de la ville. Donc, Mulhouse est un grand quartier. On avait des gens de partout. Du centre-ville, des Coteaux, de Bourtzwiller, du Rebberg, n'en déplaise à certains, du centre Europe, de Drouot, de partout vraiment. On peut même revérifier les listings. Des gens de partout. Certains se sont amusés à dire "C'est le candidat des quartiers." Bah oui, je suis le candidat du Rebberg, je suis le candidat du nouveau bassin, je suis le candidat du vieux Dornach aussi mais un peu aussi des Coteaux, quartier dont je suis issu, de Wagner où j'ai passé une partie de mon enfance. Parce que c'est des quartiers où la République s'est absentée. Et quand la République s'absente, le sentiment de confiance, l'espoir disparaissent. On a dit à ces personnes-là, et elles nous font confiance pour le moment, on a la chance de vivre dans un grand pays, dans un beau pays.

On a la chance de vivre dans une belle ville qui a un potentiel incroyable.

Si on se donne la main et qu'on essaie de bâtir un projet tous ensemble, on peut redonner ses lettres de noblesse à cette ville parce qu'elle a eu des heures de gloire. Elle a un potentiel incroyable. Elle est au cœur de l'Europe. Elle est à 1h30 de Zurich, à 30 minutes de Bâle, à 45 minutes de Fribourg, 1h de Strasbourg, 3h de Paris, 5e aéroport national en croissance. Donc on a des atouts et il faut juste arrêter de se taper dessus, arrêter de s'autoflageller. Et redonner une touche d'espoir à ces gamins, à tous nos concitoyens et concitoyennes.



  • On a des atouts certes. Mais qu'on le veuille ou non, une image qui est pas forcément positive. D'ailleurs, il suffit d'aller à Berrwiller ou à Sausheim pour s'en rendre compte. Le Sundgau, n'en parlons pas. Mulhouse existe peu à Bâle ou à Freiburg. Les Strasbourgeois qui n'ont jamais mis les pieds à Mulhouse en disent du mal. Enfin, on a quand même une ville qui malheureusement, a une mauvaise image surtout chez ceux et celles qui n'y ont jamais mis les pieds. Comment on change ça ?


Écoute, il y a des villes qui l'ont fait. Il y a il y a deux options dans la vie. C'est soit tu tu te couches par terre et tu te regardes mourir, la bouche ouverte et tu te dis "Bon, de toute façon, c'est foutu." Soit tu te dis "Non, en fait, on va se retrousser les manches et on va en parler". Puisque tu m'as posé la question "qu'est-ce que c'est que cette liste", ma liste, c'est des chefs d'entreprise, des avocats, une contrôleuse des finances publiques, des employés du privé, du public, des responsables associatifs, des sportifs de haut niveau. Vraiment tout ce qu'on pourrait espérer, je dirais dans un monde idéal pour faire une liste, on a réussi à le mettre sur une vraie liste. Et comme je sais que tu es un peu obsédé par cette question, il y a une vraie diversité de territoire, d'origine, de genre, de parcours. Et c'est une vraie fierté. Le pacte qui nous lit les uns aux autres, c'est de se dire "Soit on se regarde mourir la bouche ouverte, soit on se retrousse les manches et on considère que cette ville a des atouts et on peut y aller, on peut le faire." Et pas parce qu'on est des utopistes ou parce qu'on est des rêveurs. On se dit "Est-ce que d'autres l'ont fait ?" Oui, d'autres l'ont fait.


  • Exemples ?


Les exemples ne manquent pas. Oslo, ville industrielle qui a su renaître à partir de la question culturelle. Manchester, avec un passé industriel incroyable, qui a totalement périclité et qui a réussi à se réveiller sur la question culturelle, industrielle également et sportive. Tellement sportive qu'aujourd'hui ils ont deux clubs qui jouent la Champions League chaque année. C'est un problème pour eux. En France, on n'a pas besoin d'aller aussi loin.

Valenciennes est une ville qui a su renaître de ses cendres.

Plus loin, Detroit aux États-Unis. Toutes ces villes-là étaient d'anciennes friches industrielles, ont périclité, puis ont su trouver les ressources en elles-même pour pouvoir renaître. Proche de chez nous, Leipzig en Allemagne, ville industrielle, totalement disparue de la carte. Ça fait quelques années, capitale culturelle en Allemagne, un club qui joue la Ligue des Champions. Donc, on peut recréer des choses. Il suffit d'y croire, il suffit de se donner les moyens. On n'est pas des gens paresseux donc ça tombe bien. On a une capacité de travail et de mobilisation qui est importante. On a aussi une chose qui est marrante, c'est qu'on a une plutôt une bonne image. Il n'y a pas une liste qui dit du mal de nous. Alors on peut avoir des desaccords politiques, mais humainement on essaie d'être rassembleur plutôt que d'être des acteurs de division. À tel point que lorsque dernièrement quelqu'un est venu jeter un caillou sur notre vitrine, même le le RN disait "On n'est pas d'accord avec la liste Nous sommes Mulhouse mais ce sont des gens respectueux avec qui le dialogue est possible." On n'attendait pas ça mais même eux le disent. Il faut remettre de la sérénité, de la civilité dans nos rapports, de la fraternité sincère. Et considérer que nous ne possédons pas la vérité, mais qu'on est capable de reconstruire un monde plus juste tous ensemble. Il y a des gens à travers le monde qui vivent sous les bombes, qui vivent dans la précarité, qui vivent dans la pauvreté extrême. On est quand même dans un pays qui a des atouts, qui a des cartes dans son jeu qui lui permettent de rebondir. Une ville qui est quand même plutôt bien placée. Je ne suis pas du camp des défaitistes. Je pense qu'on peut le faire et on va le faire.


  • Bien placée certes, mais encerclée par des riches de tous les côtés, que ce soit les communes de la première ou de la deuxième couronne, que ce soit Colmar, Basel, Freiburg, Strasbourg. Un Mulhousien sur trois est sous le seuil de pauvreté. Ça ne relève pas spécialement de la mairie. Mais qu'est-ce qu'on fait pour tous ces pauvres qui peuplent Mulhouse ?


Le fait qu'on ait des riches autour de nous, je ne fais pas une obsession de ça. C'est plutôt même une bonne chose. C'est une opportunité de pouvoir peut-être remettre des moyens dans l'entrepreneuriat. Je ne suis pas pour un monde dans lequel il n'y a pas de riches. Par contre, ce qui me pose vraiment problème, c'est un monde dans lequel il y a des pauvres et vraiment des très pauvres. La question de la pauvreté pour nous, est au cœur de notre projet. On a des des mesures particulièrement fortes comme la gratuité progressive des transports, les cantines gratuites au départ sur critères sociaux, mais on on élargira rapidement parce qu'aujourd'hui à Mulhouse, il y a des enfants qui ne mangent pas à leur faim. Rien que cette phrase, elle devrait tous nous empêcher de dormir.

Il y a des enfants à Mulhouse qui ne mangent pas à leur faim.

Une fois que tu l'as entendu, normalement ça devrait devenir une obsession. Donc c'est une des mesures fortes que qu'on propose. Le maire bien évidemment n'a pas la compétence économique. On n'est pas l'État, on n'est pas la région mais par contre le maire a quand même des leviers sur lesquels il peut agir. Aujourd'hui, le nombre de friches délaissées qui pourraient être utilisés pour faire autre chose, c'est dommage. En bord de ville, en périphérie proche, on a des communes et tant mieux pour ces communes, qui ont réussi à installer des pôles de divertissement nocturne avec des restaurants, avec des choses hyper compétitives et qui draînent du public. À Mulhouse, on avait des espaces pour le faire. On a des friches industrielles, je pense à celle de Darty, celle de Nasa à côté du marché. Ça fait plus de 20 ans qu'elles sont délaissées. Ce n'est pas la compétence immédiate du maire, mais un maire est le porte drapeau de sa ville. Il ne peut pas juste se contenter de dire "Ce n'est pas ma compétence." Si c'est pas ta compétence, tu démissionnes et tu laisses la place à quelqu'un d'autre. quelqu'un qui va se battre pour sa ville, qui va nouer des relations, créer des réseaux, faire des rencontres qui vont permettre à d'autres personnes de pouvoir se bouger. Le maire, ce n'est pas un super citoyen, c'est juste un citoyen qui dit "Voilà, moi je suis prêt à prendre le maillot de capitaine et à me battre pour ma ville peut-être un peu plus que les autres." Voilà.



  • En matière de compétences, il y en a énormément qui ont basculé du côté de l'agglomération M2A. Les équipements sportifs, le transport et tout un tas d'autres choses. D'ailleurs, l'argent, il est plus du côté M2A du que du côté ville de Mulhouse. Or, ça fait maintenant plus de 10 ans que les relations M2A - ville de Mulhouse sont exécrables. On a quand même construit une mutualisation entre les services pour démutualiser ensuite. On peut parler de fraternité si on veut, mais ce qui est certain, c'est que après avoir construit une mutualisation, on a passé des années à démutualiser, à installer la maison du territoire, le siège de M2A au bord de l'autoroute, loin du tram. C'est proprement hallucinant. Il y a une guéguerre, j'espère qu'elle s'arrêtera un jour, entre M2A et ville de Mulhouse qui se fait au détriment de la ville centre. On fait quoi pour réparer ça ?


Concernant M2A et la ville, nos destins sont liés. Il faut arrêter de s'imaginer que la ville peut tout faire toute seule. Qu'elle peut prendre des décisions et que tout le monde va suivre. On est dans un monde de plus en plus ouvert, de plus en plus collaboratif aussi. on le voit que ce soit sur la manière de travailler, la manière de s'organiser. S'imaginer que M2A va être au garde à vous parce que la ville centre a décidé qu'il fallait faire comme ça, ça ne fonctionnera pas. Nos destins sont liés. Une fois que c'est dit, ça ne règle pas tout, mais ça pose un préalable qui est de dire qu'il faut des relations basées sur le respect mutuel, sur la compréhension mutuelle. Et il faut se le dire, dans les siècles à venir, dans les décennies à venir, Mulhouse ne va pas déménager. Donc

Mulhouse restera là et nos voisins aussi.

Donc on a tous intérêt à trouver des relations équilibrées, des relations respectueuses qui font que chacun s'y retrouve. Quand on parle aujourd'hui par exemple de revenir sur un niveau professionnel dans les grandes disciplines, le foot, le hand, le basket, c'est quelque chose qui peut se faire à l'échelle de M2A. Pourquoi pas ? Il y a des villes qui l'ont fait, il y a des territoires qui l'ont fait. Quand on parle de compétitivité, par exemple, on sait qu'il y a de grandes industries qui vont bientôt s'installer dans l'agglomération. L'idée c'est quand même de pouvoir le faire tous ensemble. Peugeot n'est pas à Mulhouse, Peugeot est à Chalampé. Et ça bénéficie à tout le territoire. Ce que je veux dire par là c'est qu'il va falloir retrouver le chemin de la sérénité. J'ai la chance de ne pas avoir de passif avec les actuels dirigeants de M2A. On va arriver peut-être un peu naïvement mais en tout cas avec beaucoup de bonne volonté pour reconstruire des relations sereines. On n'a pas de véléité de prendre la tête de M2A ou de de venir imposer nos visions. Il faut beaucoup de modestie, parce qu'on aura autour de nous des gens qui ont de l'expérience. Ça ne se décrète pas la confiance. Si c'était juste un mot qu'on plaque sur un contrat qu'on signe et c'est parti, ça se saurait. Il faut des signes, des actes et puis c'est sur ça qu'on va essayer de travailler pour recréer la confiance et essayer de réécrire cette histoire commune tous ensemble.


  • En matière de sport, on ne va pas parler du MON (Mulhouse Olympic Natation) qui relève de la politique sportive M2A, avec des problèmes de financement pas très légaux, et un procès pour viol qui arrive bientôt. Sortons de la natation. Un stade aux normes professionnelles à Mulhouse alors que la moyenne des spectateurs du FCM c'est 200 personnes actuellement ?


C'est faux. Lorsqu'il y a eu le le match des 130 ans du FCM, il y avait près de 3000 personnes dans dans les tribunes. Lors de la finale pour accéder en National 3, les tribunes étaient pleines. Pour y être régulièrement, je peux dire que dès que tu proposes de la qualité, les spectateurs sont au rendez-vous. Un stade aux normes pros, qu'est-ce que c'est ? Il faut juste qu'on s'entende parce que la première image qui nous vient à l'esprit quand on dit stade aux normes pros, c'est le stade de France, c'est 80000 personnes, c'est la finale de la Coupe du monde. Mais un stade aux normes pros, ce n'est pas du tout ça. C'est un stade qui répond à certaines exigences du cahier des charges de la FFF. L'exemple type, le stade dont on doit s'inspirer, c'est le stade de Pau. Un tout petit stade de 4300 places, donc à peine plus grand que le stade de l'Ill. Pau est aujourd'hui je crois 7e ou 8e du classement de Ligue 2. Donc ils sont encore en bataille pour essayer de monter en Ligue 1 et ils sont aux normes. Il y a des règles à respecter, de sécurité, d'hygiène, des entrées de vestiaires séparées, un espace pour la presse qu'on appelle les zones mixtes, un espace antidopage. Ce sont des choses à respecter. et derrière il faut un projet sportif. Donc un stade aux normes pros, ce n'est pas une lubie, ce n'est pas juste parce que je suis un passionné de foot. C'est de se dire aujourd'hui quel est le phénomène social qui est le plus fédérateur au monde ? C'est probablement le sport et s'il fallait choisir une discipline, ça serait probablement le foot. D'ailleurs, il y a plus de pays membres de la FIFA que de pays membres de l'ONU. Rien que ça, ça donne un peu le ton. Ce phénomène social adossé à une pratique sportive est facteur de développement territorial, de développement social, de développement économique et de rayonnement pour la ville. Qui est-ce qui aurait imaginé où se trouve les villes de Sedan, d'Évian, Thonon Gaillard, Auxerre ? Enfin toutes ces toutes petites villes qui ont gagné leur lettre de noblesse parce qu'elle rayonnent au niveau national. Et à Mulhouse c'était il n'y a pas si longtemps. On était à l'époque ce qu'on appelait la division 2, jusque fin des années 90 début des années 2000. Donc on peut le faire et ça ne demande pas des moyens pharaoniques. Il faut accompagner cette montée et après le football trouvera son propre modèle économique pour continuer seul.


  • Je rappelle que le FCM est détenteur d'un record, c'est le nombre de défaites consécutives à l'extérieur en Ligue 1. Enfin, ça s'appelait division 1 à l'époque. Donc voilà, on a un record, j'espère que on va le garder très longtemps. Mais toutes les villes veulent être en Champions League et jouer la carte du foot. On a quand même à Mulhouse réussi à faire deux faillites footballistiques. Donc à part mettre plein d'argent qu'on n'a pas, comment est-ce qu'on fait pour briller en foot ?


Non, alors tout d'abord, on ne veut pas être en Champions League. Enfin, pourquoi pas un jour, mais en tout cas, ce n'est pas le but à moyen terme. D'ailleurs, on est en Champions League en volley et on est très fier de ça.

On est très heureux d'aller voir les matchs de Champions League en volley.

Pour nous, c'est un rayonnement au niveau européen. Qui à Mulhouse se plaint d'être en Champions League de volley ? Certainement pas moi. Je compte bien faire en sorte qu'on y reste encore très longtemps. Pour moi, le rêve ça serait qu'on soit en Champions League en basket, ce qui a été le cas il n'y a pas si longtemps que ça. Champions League en handball pour nous, ça serait bien et pourquoi pas un jour en football, mais ce n'est pas le projet à moyen terme. L'idée, c'est de revenir sur la scène nationale. La scène nationale, c'est quoi ? Dès les prochaines saisons, il va y avoir une nouvelle ligue qui va se créer en France, la Ligue 3. Un peu sur le modèle de ce qui se fait en Angleterre ou en Italie. C'est un championnat professionnel de 3e division. L'objectif à court ou moyen terme, c'est au moins de revenir à ce niveau-là. Ce n'est pas si loin, ce n'est que deux divisions au-dessus de celle où on est aujourd'hui. C'est possible. Et il faudrait qu'on ait un objectif sur du moyen terme au moins de revenir en Ligue 2 qui, à mon sens, est le bon niveau pour nous. C'est un championnat de niveau national avec une diffusion, avec des droits télé, avec des revenus et ça peut générer un véritable engouement. À ce moment-là, le club, s'il a des revenus, s'il a une structure, s'il a un centre de formation, vivra sa propre vie de son côté. La mairie n'a pas vocation à le financer indéfiniment. D'ailleurs, à ce niveau-là, on ne pense pas que ça soit la fonction de la chose publique de financer le sport à fond perdu. Il faut donner un coup de pouce pour démarrer. On prévoit dans notre projet

un manager du sport. Aux États-Unis, on appelle ça un fundraising manager, une personne dont la seule et unique fonction, c'est d'aller chercher de l'argent,

parce qu'il existe des mécanismes de défiscalisation. Ça permet de renforcer la visibilité. Ce manager du sport, cette personne en charge de la levée de fond, pourrait les répartir entre les grandes disciplines, le volley, le handball, le basket, le football et faire en sorte que le sport aujourd'hui à Mulhouse retrouve sa place en matière de pratique sportive.



  • Il y a aussi des équipements de quartier, j'imagine que "Nous sommes Mulhouse" veut les multiplier. Mais on voit aussi que dans ces city stades, ce sont les hommes, les garçons, les jeunes hommes qui occupent le terrain et que les filles ont souvent beaucoup de mal à s'exprimer, à participer, à jouer. Elles font face à un espèce de sexisme, de discrimination sur ces équipements sportifs publics. Est-ce qu'il y a une action à mener en la matière ?


Bien sûr qu'il y a une action à mener en la matière. Je ne dirais pas que c'est une forme de sexisme qui est en place, je dirais qu'il y a mille ans de patriarcat, donc ça laisse des traces. Il y a juste des ce que Bourdieu appelait des habitus. C'est-à-dire qu'on fait comme on a toujours pensé qu'il faut faire. Ça devient je dirais la norme sociale. Donc les garçons vont jouer au foot et les filles vont jouer à la barbie. Pour nous, le but n'est pas de casser les codes, mais de pouvoir permettre à chacun et chacune d'avoir la destinée qu'il souhaite avoir. Et si nos jeunes filles veulent faire du sport dans l'espace public, on va créer les conditions pour le faire. Pour ça, il faut de la médiation dans l'espace public, notamment des animateurs, des éducateurs de rue qui vont permettre de faciliter cet accès à l'espace public. Mais il faut aussi pouvoir multiplier les disciplines. On n'est pas pour dire que toutes les filles doivent faire du foot et que les garçons doivent se mettre à la gymnastique pour tomber dans une caricature. On est pour dire que chacun fait ce qu'il a envie de faire. Mais pour que chacun puisse faire ce qu'il a envie de faire, il faut multiplier peut-être les city stades, mais plutôt orienté volley, plutôt orienté basket, plutôt orienté street workout, enfin toutes les disciplines possibles pour que chacun puisse s'y retrouver. Donc pour nous c'est un élément important.

On a deux éléments cardinaux dans notre projet. C'est la place de la nature en ville, la place du vivant en ville, comment est-ce qu'on recrée du vivant en ville, et la promotion de toutes les égalités sur l'ensemble de nos thématiques.

À chaque fois, nos propositions sont passées à la moulinette de ces deux points cardinaux.



  • La nature en ville, qu'est-ce qu'on fait ? Aujourd'hui, tout un tas d'enfants de Mulhouse ne savent pas que les Vosges existent, n'ont jamais mis les pieds à la montagne, parfois même n'ont jamais mis les pieds dans une forêt alors qu'on a le Tannenwald juste à côté. Comment s'emparer de ce sujet de la nature pour nos enfants et pour les plus grands ?


Le sujet est éminemment politique, parce que ce sont toujours ce qu'on appelle les vainqueurs qui écrivent les livres. Et quand on dit ça, qu'est-ce qu'on a envie d'écrire comme histoire, qu'est-ce qu'on a envie de transmettre comme contenu à nos jeunes ? Mais pas que nos jeunes d'ailleurs, même les adultes, les seniors, sur la place de l'industrie, sur la place de la culture, sur la place du sport dans notre ville, mais bien évidemment aussi sur la place de la nature en ville. Et la question de la nature en ville, on compte l'investir de manière forte. Par exemple, on a des centaines et des centaines de mètres carrés de terrain à Mulhouse qui sont totalement inoccupés. J'ai fait une vidéo il n'y a pas très longtemps qui est sur tous les réseaux sociaux.

On a des terrains vagues qui sont totalement inexploités. Qu'est-ce qui nous empêcherait d'avoir des arbres fruitiers en libre service sur ces terrains ?

On a une compétence à Mulhouse, les serres municipales. Qu'est-ce qui nous empêche de faire du maréchage urbain à Mulhouse ? Faire des fleurs, c'est bien. Jamais je ne critiquerai ça. Mais qu'est-ce qui nous empêche de faire des fruits, des légumes à Mulhouse ? On a la compétence, on a le savoir-faire, on a les terrains. Maintenant, le but c'est de dire comment est-ce qu'on met à profit tout ça. Et la place des animaux. Aujourd'hui, j'ai été attaqué par L214 sur un sujet sur lequel on pensait avoir répondu. Ils nous ont dit, vous n'avez pas suffisamment répondu. Donc, on va leur faire une réponse. Mais comment protéger également nos amis les bêtes ? Comment avoir un air beaucoup plus respirable ? Les mobilités douces, c'est un véritable objectif mais elles ne doivent pas se faire au détriment des plus précaires. Parce qu'aujourd'hui, la pratique des mobilités douces s'inscrit aussi dans le temps et la durée.


  • Au niveau social, on a la chance à Mulhouse d'avoir 7 centres sociaux, 8 si on compte les gens du voyage, qui sont parmi les plus importants de France et qui emploient des centaines de salariés. Ils sont pour beaucoup en difficulté financière. La présidente du centre social Papin est sur la liste Nous sommes Mulhouse et le centre Papin est en situation de cessation de paiement. Qu'est-ce qu'on fait avec ces centres sociaux qui sont tellement importants pour Mulhouse et notamment pour les plus précaires d'entre nous ?


Alors tout d'abord, juste pour être précis, le Papin n'est pas en cessation de paiement, il est en redressement. Donc ce qui prouve qu'il y a une continuité de l'activité, qu'il y a un plan parce que le centre Papin a une équipe aujourd'hui compétente, rigoureuse, qui essaie de trouver des solutions. Mais pour revenir de manière plus générale à la question des centres sociaux, moi je suis un enfant des centres sociaux. Quand nos parents après l'école venaient nous faire faire l'aide aux devoirs, c'était au centre social. Le mercredi après-midi, c'était les centres sociaux. Nos premiers projets de voyage, c'était dans les centres sociaux. Donc je suis un enfant des centres sociaux. Nous, on considère que les centres sociaux doivent retrouver leur place de cœur battant de notre ville. Comme tu l'as dit, il y en a 7. Un 8e, si on compte Appona qui est un centre plutôt thématique qui n'est pas lié à un quartier mais plutôt à une population, les gens du voyage. Et on considère qu'il faut donner plus de moyens aux centres sociaux, élargir leur mission en concertation avec eux. Je rappelle que ce sont des organisations de droit privé. On n'est pas là pour leur dire ce qu'ils ont à faire, mais on peut avoir une discussion exigeante sur leur mission, que ça soit sur les questions de santé, de démocratie, de réussite éducative, je pense qu'ils ont un rôle important à jouer. C'est des structures dont on doit être particulièrement fiers à Mulhouse. Dans d'autres villes, parfois c'est les Francas, c'est les centres Léo Lagrange, c'est les MJC. À Mulhouse, ce sont les centres sociaux qui sont très représentés et pour nous c'est une grande fierté de les avoir parmi nous parce que c'est souvent des équipes dirigeantes bénévoles, des équipes salariées particulièrement investisies et souvent appuyé par des bénévoles et tout ça au service d'un quartier et ça fait vivre nos quartiers. Alors, il faut bien évidemment avoir un dialogue construit et nourri avec les associations dans les différents quartiers, mais faire en sorte que tout cet écosystème de personnes qui ne demande qu'à être au service de l'intérêt général puisse continuer à travailler, continuer à rayonner. La majorité actuelle m'a régulièrement interpellé en conseil municipal en disant "Oui, mais il faut revoir le modèle économique des centres sociaux." Je suis d'accord mais on va revoir tous les modèles économiques dans cette ville je pense. Parce qu'il y a une disproportion des moyens donnés à certains au détriment d'autres. Et ce qui fait la différence entre les citoyens en France, c'est leur contribution je dirais sociale et leur contribution citoyenne. Et bien pour les organisations à Mulhouse ça va être pareil. Les centres sociaux ont une contribution exceptionnelle quand on mesure le ratio entre ce qui est mis à disposition et ce que les centres sociaux - et les associations parce qu'il ne faut pas les oublier - apportent à notre terreau urbain, à notre collectivité. Je pense qu'on devrait faire preuve de beaucoup de modestie et surtout d'énormément de reconnaissance à leur égard.


  • Plus de moyens pour les centres sociaux, plus d'équipements sportifs, gratuité progressive des transports, cantine gratuite... et le pognon, on le trouve où ?


C'est marrant cette question, elle revient souvent de la part de personnes qui se positionnent comme les chiens de garde d'un système établi, je ne parle pas pour toi Jean-Luc. Ces questions ne se posent pas actuellement pour d'autres dépenses qui sont totalement injustifiées. Je vais te donner un exemple très concret. Il y avait l'ancienne fontaine place des victoires qui était là. Peu importe le point de vue qu'on avait sur cette fontaine, elle a été enlevée. Elle a été remplacée par à peu près rien. Ça a coûté 1,4 million d'euros. On a aujourd'hui une répartition des moyens totalement incompréhensible que ça soit sur la question sociale, la question éducative, la question culturelle, la question de la sécurité. Donc rien que la répartition des moyens dit beaucoup de choses dans cette ville. Deuxièmement, je dirais qu'on a aujourd'hui une gestion des deniers publics qui est assez aléatoire. Je viens de te donner l'exemple de de cette fontaine qui était place des victoires qui pour moi aujourd'hui est un grand problème. Un autre point qu'on sous-estime, c'est la relation avec M2A. Aujourd'hui, je dirais le lien qu'on a avec M2A nous coûte extrêmement cher. Je vais te donner un exemple très concret et tu vas comprendre. Et j'aimerais bien qu'à l'avenir, que ce soit la presse ou nos concitoyens lorsqu'ils me posent la question, s'intéressent plutôt à cet exemple très concret.

La démutualisation des moyens entre M2A et la ville de Mulhouse coûte à la collectivité dans son ensemble 3 millions d'euros par an. Ces 3 millions d'euros par an suffiraient à assurer la gratuité des cantines sur tout M2A, pas que sur Mulhouse.

Me poser la question de savoir comment on paye, je suis d'accord pour y répondre parce que voilà, je me présente devant le suffrage de nos concitoyens. C'est normal de devoir rendre des comptes. Mais je trouve surprenant qu'on ne pose pas la question de pourquoi nos deniers sont si mal utilisés pour le moment. Deuxème élément, aujourd'hui, on a des fonds propres qui ne sont pas dans un si mauvais état que ça. On est autour de 20 millions euros de fonds propres. Je pense que si pour de l'investissement, on en utilisait un petit peu pour bâtir l'avenir et créer des leviers de revenus plus importants, ça ne serait pas une mauvaise chose. Et enfin, la dernière des choses, c'est que notre taux d'endettement n'est pas si mauvais que ça aujourd'hui à Mulhouse. Il s'est dégradé ces deux dernières années, mais il n'est pas si mauvais que ça. On aurait des leviers pour aller chercher de l'investissement et un pari sur l'avenir. Comment est-ce qu'on fait pour construire le Mulhouse de 2030, de 2035, de 2040 ? Et ce Mulhouse s'autofinancera. Ce que d'autres villes ont fait, on pourrait le faire. Donc ça me dérange pas de répondre à cette question-là, mais il faut juste qu'on soit rigoureux lorsqu'on la pose. Parce qu'aujourd'hui, ce qu'on est littéralement en train de faire et là je me permets de te citer, c'est qu'on prend aux pauvres pour donner aux riches. L'idée serait un peu plus de justice et d'équité sociale. Tu avais utilisé cette formule là concernant le financement notamment de la Filature et je me permets de te citer très cher Jean-Luc.


  • La Filature, l'orchestre symphonique, l'opéra, l'école d'art... M2A finance environ 0 € là dedans.


Alors pourquoi tu me poses la question ? Tu connais le sujet mieux que moi. Tu le sais mieux que moi. Tu devrais venir militer à nos côtés.


  • Un dernier mot sur la sécurité qui semble être un sujet qui passionne les Français, les Françaises autour de ces ces municipales. Est-ce que on supprime la police municipale ? C'est Eliot Gafanesch de LFI qui le propose. Ou on embauche 70 agents supplémentaires comme Christelle Ritz le suggère ?


Je dirais ni l'un ni l'autre. Leurs propositions sont respectables. Chacun fait ce qu'il veut, chacun propose ce qu'il veut et à la fin de toute façon ce sont nos concitoyennes qui trancheront. Nous, on pense qu'il faut être vraiment à l'aise dans la vie pour commencer à critiquer la police. Quand tu vis dans un quartier, tu sais à quel point la police peut être utile et tu sais à quel point le manque de de sécurité vient pourrir ton quotidien. Quand on parle de sécurité, il faut quand même être précis sur le sujet. Le terme sécurité est galvaudé à Mulhouse, on l'utilise à tort et à travers, notamment pour parler des incivilités. Parce que c'est ça qui vient pourrir le quotidien à Mulhouse. Il n'y a pas un taux de criminalité particulièrement élevé. On n'a pas un taux de grand banditisme particulièrement élevé. C'est surtout la petite délinquence et les incivilités. Pour nous, pas de tabou à ce sujet-là. Il faut s'attaquer à ce problème-là. Faire de Mulhouse une ville plus agréable à vivre, c'est aussi regarder en face le fait qu'il y a des comportements qui sont pas acceptables, qui viennent pourrir le quotidien et qui viennent nourrir un sentiment de défiance et qui ne fait que nourrir les extrêmes. On se le dit entre nous. Ce qu'on souhaite c'est bien évidemment

redéployer la police municipale en proximité

parce qu'on croit profondément que quand les gens se connaissent, ça facilite quand même le contact et ça facilite les relations. Deuxième chose, on voudrait investir sur les métiers de la médiation, de l'éducation de rue pour être dans une logique de prévention également. Et après, on a d'autres mesures, qui sont plus des mesures techniques, mais qui vont apporter aussi des solutions à ce que chacun de nous peut ressentir. Quand on voit par exemple un canapé, un frigo qui est jeté devant ta porte et que personne ne vient les ramasser pendant plusieurs semaines, c'est pénible. Ça contribue à créer ce sentiment d'insécurité. Donc, on va mettre en place un service de ramassage devant l'immeuble. C'est gratuit, sur rendez-vous, vous réservez votre créneau, on vient le chercher. Par contre, si vous ne respectez pas la règle, on vous tapera sur les doigts très fort. On n'est pas dans l'angélisme, on n'est pas dans le laxisme non plus. On essaie d'être responsable. On a tous fait l'expérience avec nos enfants de leur apprendre des règles. Je ne veux pas me positionner de manière paternaliste avec les Mulhousiens, mais je pense que toutes et tous, on a besoin de règles qui régissent notre vie en société.


  • Dernière question. Au soir du premier tour le 15 mars 2026, un rapprochement est possible avec quelle liste ? Eliot Gafanesch (LFI), Loïc Minery (PS écolos ...), Cécile Sordin, Lara Million ? Qu'est-ce qui est possible au soir du premier tour pour gagner au deuxième avec quelqu'un d'autre éventuellement ?


Tu es le bienvenu dimanche prochain à notre permanence de campagne. Tu me reposes la question et je te donnerai une réponse. Nos vies sont ancrées dans le réel. On ne peut pas se permettre le luxe de faire de la politique fiction. On ne l'a jamais fait. On essaie de gérer des choses concrètes. Donc cette question-là, on la traitera. La seule chose qu'on peut dire, c'est qu'on a toujours été pour des solutions pragmatiques, réalistes, avec des personnes de bonne volonté. Donc notre main sera tendue à toutes les personnes de bonne volonté mais toujours sur la base de choses extrêmement simples, le respect, la considération mutuelle et un dialogue d'égal à égal. Voilà.


  • Merci beaucoup Annouar Sassi. On espère que les Mulhousiens les Mulhousiennes iront voter plus que la dernière fois parce qu'il y avait quand même environ 75 % d'abstention. Bon, il y avait le Covid en 2020, c'était une bonne excuse, mais on trouve toujours de bonnes excuses pour ne pas voter. Donc allez voter le 15 mars prochain.


Merci beaucoup cher Jean-Luc. Merci Radio WNE et longue vie à vous.



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