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Violences sexistes et sexuelles à Mulhouse ?

À l'occasion des élections municipales les 15 et 22 mars 2026, Radio WNE couvre intensément la campagne mulhousienne. Un sujet nous intéresse plus particulièrement, l'égalité hommes - femmes. Et la politique municipale au sujet des VSS, Violences Sexuelles et Sexistes. Nous interrogeons par e-mail et à travers cet article tou-tes les candidat-es. Nous publierons leurs réponses avant le premier tour.


Les agressions sexistes et sexuelles sont présentes dans notre société et laissent des séquelles dévastatrices. Face à ce constat alarmant, quelles mesures concrètes comptez-vous mettre en place au niveau municipal pour combattre ces violences et protéger les victimes ? Quelles actions allez-vous mener pour garantir une réelle égalité entre les femmes et les hommes dans notre ville ?


Un dossier de Elif Tuncel pour Radio WNE.




Mais que sont les VSS ? 


Les violences sexistes et sexuelles (VSS) sont des comportements ou propos discriminatoires basés sur le genre. Les remarques dégradantes, discriminations au travail, harcèlement de rue. Les violences sexuelles impliquent des actes sexuels imposés sans consentement, tels que le harcèlement sexuel, l'attouchement ou le viol.


Que dit la loi ? 


Elle punit sévèrement ces actes, mais la réalité du terrain est bien différente.


  •  Article 222-23 (le viol) : Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, ou tout acte bucco-génital ou bucco-anal commis sur la personne d'autrui ou sur la personne de l'auteur par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol.

  • Article 222-22 (L'agression sexuelle) : Tout acte sexuel sans pénétration commis par violence, contrainte, menace ou surprise. 

  • Article 222-33 (Le harcèlement sexuel) : Imposer des propos ou comportements à connotation sexuelle de manière répétée.



En 2017 le mouvement mondial MeToo a prouvé que la violence n'est pas un malheur individuel, mais un problème de société. Aux États-Unis, l'affaire du producteur de cinéma Harvey Weinstein, condamné pour de nombreux viols, a été l'étincelle. En France, le mouvement a touché tous les secteurs. On peut citer le réalisateur Benoît Jacquot ou l'acteur Gérard Depardieu, mis en cause par de nombreuses femmes pour des violences sexuelles sur les tournages. Dans le monde littéraire, l'affaire Gabriel Matzneff a aussi marqué les esprits


Les VSS dans différents milieux


La politique

où de nombreuses agressions passent inaperçues. Par exemple, l’affaire Damien Abad éclate le 21 mai 2022, juste après sa nomination comme ministre, suite aux révélations de Mediapart. Elle repose sur des accusations de violences sexuelles dénoncées par trois femmes pour des faits survenus principalement entre 2010 et 2011. Chloé décrit un "black-out" après un verre de champagne et se réveille en sous-vêtements avec l'élu dans une chambre d'hôtel. Elle soupçonne l'usage d'une drogue, une agression chimique. Margaux, ancienne militante, dénonce un rapport sexuel imposé et une pression psychologique liée au statut de supérieur hiérarchique de l'homme politique. Sa plainte de 2017 avait été classée sans suite par le parquet de Paris. L'enquête a été jugée "peu approfondie" par la plaignante : pas d'expertise médicale sur le handicap, pas d'audition de l'entourage. Au top la justice française ! Troisième victime, une élue de l'Ain a déposé plainte en 2022 pour une tentative de viol. En mai 2024, Damien Abad a été mis en examen. Il aura fallu une nomination comme ministre pour que la justice s'intéresse enfin à ce que de nombreux politiques savaient déjà. 


Au travail

avec des “simples gestes et remarques” selon les collègues et supérieures  mais qui sont sexistes ou sexuels. Selon le Haut Conseil à l’Égalité en 2025, 76 % des femmes sont confrontées au sexisme dans leur vie professionnelle. D'après les données relayées par la CFTC, près d'un tiers des femmes ont été victimes de comportements sexistes ou à connotation sexuelle au cours de leur carrière, tandis que 60 % d'entre elles déclarent avoir été confrontées à une forme de violence sexiste ou sexuelle sur leur lieu de travail. 


Au foyer

avec ce mari qui vous a promis, lors de votre mariage civil, de vous aimer, de vous respecter et d'être à vos côtés dans la joie comme dans la tristesse, dans la santé comme dans la maladie, jusqu'à ce que la mort vous sépare... Ce même homme peut vous faire vivre l'enfer. Derrière les promesses et l'apparence d'un foyer protecteur, certains utilisent la violence physique et psychologique pour leur plaisir ou leur perversité. C'est ce qu'a vécu Gisèle Pelicot pendant dix ans à Mazan. Son mari, Dominique Pelicot, l'a droguée à son insu avec des anxiolytiques pour la livrer, inconsciente, à des dizaines d'inconnus recrutés sur le site coco.gg. Il a organisé son viol systématique par plus de 72 hommes, transformant le lit conjugal, lieu de sécurité par excellence, en une scène de crimes atroces dont elle n’était pas consciente. L'enquête a identifié 51 agresseurs (âgés de 26 à 74 ans) qui ont participé à ces actes. Le procès, qui s'est tenu fin 2024, a choqué le monde entier car les profils des violeurs étaient des « monsieur tout le monde », pompiers, militaires, artisans, infirmiers... Gisèle Pelicot a exigé avec courage que le procès soit public pour que « la honte change de camp ».


Les transports en commun

peuvent être un cauchemar. À cause des regards qui se posent sur le moindre bout de peau, nous les femmes sommes obligées de revoir nos priorités : la question n'est plus « comment ai-je envie de m'habiller ?», mais « comment faire pour ne pas être dérangée ?». Cette insécurité permanente est une fois de plus confirmée par les chiffres du Haut Conseil à l’Égalité : en 2025, plus de 90 % des femmes affirment avoir déjà été victimes de harcèlement ou d'agressions sexistes dans les transports. Entre les sifflements, les "frotteurs" et les injures, l’espace public devient un lieu dangereux. 


Les impacts sur les victimes 

Les violences sexistes et sexuelles détruisent la santé des victimes bien après les faits. Sur le plan physique, elles entraînent des risques graves de maladies, par exemple les MST et des douleurs chroniques. Sur le plan mental, le choc provoque des traumatismes profonds : anxiété, dépression, et souvent de la dissociation (le sentiment d'être coupée de son corps). Sans aide, cette souffrance peut mener à l'isolement, à l'automutilation ou même au suicide.


Actions et dispositifs d'aide


N'ayez pas peur de parler. Des outils existent :

  • Le 3919 : Écoute et aide 24h/24.

  • Associations : Le Mouvement du Nid, Fondation des Femmes.

  • Application UMAY : Pour sécuriser vos trajets (géolocalisation, alertes, zones sûres).


Vous n’êtes pas seule.


Quelques podcasts sur ce sujets
















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