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Mulhouse, capitale de la Syrie ?

Entretien avec Omar Alfarekh, réfugié politique syrien en France - par Anissa Zeggaï





Omar Alfarekh, jeune Syrien réfugié en France, prépare une thèse à l'Université de Haute Alsace dans le cadre du master "Information et Communication". Il démarre un stage de 4 mois à Radio WNE en janvier 2024. Une belle occasion d'une première interview.


  • (Anissa Zeggaï) Nous sommes avec Omar Alfarekh, réfugié syrien et actuellement étudiant, qui va nous dévoiler trois leçons de vie vécues en tant que réfugié politique. Peux-tu te présenter ?

  • (Omar Alfarekh) Bonjour Anissa, je m 'appelle Omar, je suis étudiant en master à l'UHA (Université de Haute Alsace), l’université de Mulhouse. Je suis aussi assistant d 'éducation dans un collège d’ici. J’ai quitté la Syrie il y a presque 10 ans. Je suis arrivé en France en septembre 2015 après deux ans passés en Turquie.

  • (Anissa) Peux -tu nous dévoiler ta première leçon de vie ? Qu'as-tu retenu de cette longue épreuve ?

  • (Omar) La première leçon c 'est la patience. Il faut vraiment être patient pour demander l'asile, pour être réfugié, pour être sous la protection d'un autre pays. Pareil pour les démarches administratives. Il faut accepter le changement et le déclassement social.

  • (Anissa) Et peux-tu nous dévoiler une seconde leçon de vie ?

  • (Omar) Comme je suis réfugié, ce n'est pas le meilleur statut. Mais au moins j'ai compris la valeur de la liberté et de la dignité. Au moins, j’accède à une liberté personnelle politique. Je peux déclarer mes opinions politiques, quelles qu’elles soient. Je retrouve le sens de la dignité, de ne pas être à la merci du pouvoir, sous un régime dictatorial. C'est vrai qu 'il y avait beaucoup de morts en Syrie. Mais la dignité ce n’est pas quelque chose qu'on peut obtenir facilement.

  • (Anissa) Donc la liberté d 'expression, une liberté de parole que tu savoures actuellement.

  • (Omar) Toutes les sortes de liberté, personnelles, politiques, d’expression, je peux affirmer mon avis, je ne suis pas paniqué quand je déclare une opinion contre le gouvernement, par exemple.

  • (Anissa) Et pour finir, quelle est la dernière leçon de vie que tu peux nous apporter ?

  • (Omar) L'ouverture d'esprit, l’adaptation à la situation, l'environnement, le pays accueillant, les amis à la fac, le travail, les collègues au travail. Il faut être vraiment ouvert d'esprit pour accepter ce changement et accepter des gens qui sont différents.

  • (Anissa) Donc, je résume tes trois leçons de vie, une vraie patience, une certaine liberté et une ouverture d 'esprit qui t'ont permis de devenir le Omar Alfarekh que tu es aujourd’hui. Une dernière phrase ?

  • (Omar) Comme je dis tout le temps, c'est vrai que c 'est dur, ce n'est pas cool de vivre une expérience d 'asile, de guerre, ce n'est pas cool d 'être syrien aujourd'hui. Les Syriens ont vécu la révolution, une expérience exceptionnelle dans ce monde. C'est unique, c'est exceptionnel. On a payé cher le prix de notre liberté, il faut l'accepter. Il faut lutter pour arriver enfin au bout de notre liberté, de notre dignité et terminer cette révolution.

  • (Anissa) En tout cas, un parcours exceptionnel qui montre qu 'il ne faut rien lâcher et que malgré les épreuves, tu as grandi et tu savoures maintenant cette liberté que tu as maintenant. Je te remercie beaucoup Omar Alfarekh, je te souhaite bonne continuation et de beaux projets pour l’avenir.


Propos recueillis par Anissa Zeggaï le 4 janvier 2024.


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