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Jeanne Dillschneider, députée franco-allemande de la Sarre au Bundestag

Dernière mise à jour : 2 sept. 2025

Lors des journées des écologistes (JDE) à Strasbourg du 21 au 23 août 2025, Jeanne Dillschneider, députée de la Sarre, présidente des Verts de la Sarre et membre de l'assemblée parlementaire franco-allemande, participait à un atelier "La droitisation de l’Allemagne. Quel rôle pour les Grünen ? " présenté comme suit.


La droitisation de l’Allemagne. Quel rôle pour les Grünen ?L’Allemagne a un nouveau gouvernement dont les écologistes ne font plus partie. Dans un contexte de droitisation de la politique, de montée de l’extrême droite et alors que l’Europe se réarme, cet atelier explorera les multiples défis qui attendent la nouvelle coalition au pouvoir. Quel rôle veulent jouer les Verts, maintenant dans l’opposition, pour défendre des mesures écologistes dans un monde en plein bouleversement ? Quelles perspectives de coopération entre écologistes des deux côtés du Rhin ?

Partons à sa rencontre, avec la transcription à lire ci-dessous d'une interview audio à écouter en podcast.


Les podcasts JDE ont été réalisés par Fatma Jrad, Lévi Giner et Jean-Luc Wertenschlag, pour Radio Quetsch, Nefzawa Link, Radio WNE et L'Alterpresse 68. Toutes nos productions sont à libre disposition des médias intéressés, sous licence Creative Commons CC Zero (licence libre non copyleft - auteur Radio WNE).



  • Nous sommes aux journées écologistes de Strasbourg en ce 23 août 2025 et nous avons la chance de rencontrer une députée allemande qui parle français. Est-ce que tu peux te présenter ?


Je m'appelle Jeanne Dillschneider, je suis députée du Bundestag allemand depuis le mois de février 2025. Je viens de la région de la Sarre et je suis à moitié française, c'est la raison pour laquelle je parle français, et je fais partie de l'Assemblée parlementaire franco-allemande.


  • Avec notre merveilleuse députée colmarienne Brigitte Klinkert, n'est-ce pas ? Commençons à faire mal tout de suite, l'amitié franco-allemande existe-t-elle vraiment ? On en parle presque tous les jours en Alsace et en France. Mais est-ce une réalité ? Est-ce que tu la ressens, cette fameuse amitié franco-allemande ?


Absolument. Pour moi, l'amitié franco-allemande n'est pas qu'une réalité, c'est aussi une nécessité en ces temps très difficiles. Et je pense que l'amitié franco-allemande doit être vraiment un moteur pour l'Europe, en temps de crise.

Dans la région de la Sarre, on vit vraiment l'amitié franco-allemande pratiquement tous les jours. On a des projets en commun, on apprend la langue de l'autre. Mais il faut naturellement aussi se battre pour que ça continue comme ça. Ce n'est pas toujours facile. Justement, ces dernières années, on avait l'impression que l'amitié franco-allemande avait un peu changée. Mais je pense que là, maintenant, il faut y remettre un peu de dynamisme.



  • Pourtant, les Français parlent de moins en moins allemand et les Allemands parlent de moins en moins français. Et quand des jeunes Allemands rencontrent de jeunes Français, ils parlent anglais.


Naturellement, c'est important d'apprendre la langue et aussi la culture. Et de vraiment être curieux de l'autre pays. C'est aussi quelque chose que la politique doit réaliser avec des projets, des échanges frontaliers, mais aussi en arrêtant ces contrôles frontaliers. Parce que chez nous, par exemple, il y a beaucoup de gens qui travaillent dans l'autre pays, ce qui naturellement est aussi important pour apprendre la langue. Ça veut dire que c'est aussi quelque chose que la politique doit réaliser et s'en occuper, que ça n'arrête pas. Je ne pense pas que c'est un problème que les gens parlent anglais. Le plus important, c'est qu'ils parlent. et qu'il y a de la communication et qu'il y a des projets en commun.


  • Justement, un des grands avantages de l'Union européenne, c'est la disparition des frontières pour les êtres humains. Et là, maintenant, à cause des bons résultats électoraux de l'AfD, le gouvernement allemand a rétabli la police aux frontières. Et donc, on doit s'arrêter, se faire contrôler quand on vient de France vers l'Allemagne. C'est surtout les Noirs, les Arabes et les Turcs qui se font arrêter. Qu'est-ce qu'on fait par rapport à ça ? Ça sert à quoi d'avoir un gouvernement de coalition avec la gauche si c'est pour rétablir des contrôles aux frontières ?


Pour moi, les contrôles aux frontières, c'est vraiment une catastrophe et ce n'est une solution à aucun problème. Les frontières ouvertes, le cœur de Schengen, ce n'est pas négociable.

Et j'espère qu'un parti de gauche comme le SPD se positionnerait plus clairement contre ces contrôles. Nous en tant que Verts en Sarre, mais aussi en Allemagne, on est très clairs. On a aussi déposé une proposition à l'Assemblée parlementaire franco-allemande contre ces contrôles, pour vraiment envoyer un signal clair. Et si on veut vraiment faire quelque chose pour la sécurité dans les régions frontalières, il y a d'autres solutions comme la coopération entre la police ou la justice. Là, avec ces contrôles, tout ce qu'on fait, c'est de remettre des frontières aussi dans les têtes.


  • Qu'est-ce qui se passe entre les Verts alsaciens, les Verts en Sarre ou dans le Bade-Wurtemberg? Est-ce que vous travaillez ensemble ? Quels projets, quels combats menez-vous ensemble ? Est-ce que vous vous voyez souvent ?


On ne se voit pas assez souvent, mais on essaye d'établir des coopérations, surtout d'échanger des pratiques qui fonctionnent bien dans les communes, dans les conseils municipaux. Mais malheureusement, l'échange n'est pas suffisant. C'est quelque chose que, en tant que présidente des Verts en Sarre, j'essaye aussi d'améliorer. Il y a quelques mois, on s'est rencontrés avec les Verts au Luxembourg, c'était un échange vraiment très intéressant. discuter des défis communs, des problèmes, mais aussi des solutions.


  • Quel combat mener avec les verts français et les verts allemands ? Sur quoi pouvez-vous vous rejoindre ? Quelle lutte mener ensemble ?


Un exemple dans ma région, c'est la transformation de la production d'acier, pour la transformer d'une manière basée sur l'hydrogène vert.

Pour ça, on a besoin d'une infrastructure de l'hydrogène vert, mais aussi des énergies renouvelables dans la région. On a déjà beaucoup de coopération avec la France pour établir ces infrastructures et avoir vraiment une base pour l'industrie de l'acier, pas seulement en Sarre, mais aussi en France, et d'améliorer l'infrastructure de l'énergie, par exemple. C'est un projet en commun.


  • Dernière question législative. Comment se passe la légalisation du cannabis en Sarre ? Est-ce les Français, les Françaises, peuvent venir fumer des joints légalement en Allemagne aujourd'hui?


Je ne peux pas forcément répondre parce que, concernant la légalisation du cannabis en Sarre, il ne se passe pratiquement rien. Le SPD est contre, et il gouverne le Land et n'a pas trop envie d'établir ça. Alors, oui, c'est légal parce que c'est une loi fédérale. Mais en Sarre, il ne se passe pratiquement rien pour vraiment le mettre en place.


  • Merci beaucoup, Jeanne Dillschneider, députée allemande de la Sarre.


La droitisation de l’Allemagne. Quel rôle pour les Grünen ? Une rencontre avec (de gauche à droite) Inès Grau (secrétaire Les écologistes Alsace), Sven Giegold (vice-président fédéral Die Grünen), Jeanne Dillschneider (députée de la Sarre) et Marc Berthold (directeur du bureau de Paris de la fondation Heinrich Böll)
La droitisation de l’Allemagne. Quel rôle pour les Grünen ? Une rencontre avec (de gauche à droite) Inès Grau (secrétaire Les écologistes Alsace), Sven Giegold (vice-président fédéral Die Grünen), Jeanne Dillschneider (députée de la Sarre) et Marc Berthold (directeur du bureau de Paris de la fondation Heinrich Böll)

 
 
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